Cet article du Lien m’a fait énormément de bien.

Voilà 30 ans que je souffre et mon fils aussi.
Nous, les mamans de malades psychiques, sommes un brasier de douleur.

J’ai entendu comme tant d’autres les Monsieur et Madame « TAKACI » et « TAKACA », des phrases comme « tu l’as trop couvé », « il fallait t’en occuper au lieu de le mettre dans une maison de fous », ou encore ; « moi, je préfèrerais le savoir mort !!! »

 

Ces personnes ont parfois de bonnes intentions, mais ce qu’elles peuvent faire mal…Quand la douleur est trop vive, les lèvres restent closes. Nous accouchons jour et nuit, pour toujours.

Même un docteur a osé  me dire « c’est votre faute…Vous êtes trop fusionnelle ». Ceci sans explications. Je suis partie, tétanisée. Pourquoi ces médecins font-ils tant d’études si c’est pour en arriver là ?  … « Y aura-t-il un jour des psychiatres porte-parole des familles en détresse auprès de la communauté nationale des psychiatres ? »

Quand il arrive que je parle un peu de mon fils à des amies, je décèle chez certaines un peu de condescendance, voire d’ironie. Pourtant ce sont de vraies amies qui m’ont rendu des services. Elles ne voient pas que les coups moraux m’atteignent en plein dans le ventre, je mets plusieurs jours et plusieurs nuits à m’en remettre. Je me sens comme un ballon de foot qui reçoit des coups mais ne rebondit pas, la douleur déferle.

DOULEUR démesurée, indicible = AMOUR démesuré, indicible

Mon fils me disait au téléphone, voici quelque temps : « Maman, si tu savais comme je souffre. Est-ce que tu comprends que je souffre ? » J’ai répondu « oui » et il a fait « Ah » d’un ton qui m’a semblé désabusé. Et une autre fois « Maman, si tu savais ce que je fais d’efforts, mais d’efforts ! ». Cela m’a fait mal car je sais très bien que, par rapport à sa maladie, les efforts qu’il fait ne sont pas forcément performants. Pourtant, je le trouve méritant, même si cela peut paraître dérisoire aux autres.

Comment expliquer cela aux autres, aux amies ? Certaines ont des enfants qui ont fait plus ou moins d’études : licence, master, doctorat ou même CAP, BTS. Dans notre monde, c’est la performance qui compte. Pourtant, mon fils est diplômé : tourneur/fraiseur, mais cela ne compte pas face aux pulsions !

Je pense à la femme de l’Evangile citée par le Christ, qui donne tout ce qu’elle a pour obole au Christ. Le Christ pose la question : « Quelle est la personne qui a le plus donné ? Celle qui n’avait que ces pièces ou les autres, qui ont donné plus mais à qui il reste ? ». Je fais un parallèle avec mes enfants dont certains font des efforts terribles pour s’améliorer mais cela ne donne pas grand-chose, hélas. D’autres au contraire, qui font des études poussées, font des efforts mais ceux-ci sont payants.

Je disais à une amie, avec une toute petite fierté, que mon fils travaillait en menuiserie. Elle ne s’est pas vue, mais elle m’a répondu « c’est bien » avec un petit sourire condescendant.

Si les gens savaient ce que ces malades peuvent être gentils et prouver leur intelligence quand ils prennent leurs médicaments. Nous sommes – les patients et nous les proches - des ministres de la douleur, douleur qui augmente quand le malade fait un acte grave. Nous risquons alors de devenir des sujets de haine… alors que nous ne sommes qu’amour...

J’ajoute que dans les hôpitaux psychiatriques, les psychiatres pensent à leurs patients et c’est très bien. Mais peut-être faudrait-il qu’ils s’intéressent aussi à ce que disent les familles de façon à faire la part des choses car les patients racontent souvent un peu de vrai, un peu de faux, et il y a aussi le non-dit. Cela permettrait peut-être de mieux aider les malades… et les familles.
Une maman

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de la Bse Zélie Martin (face à une appréhension)