Alors, les vacances ont été bonnes ? Redoutable question lorsque l'un de nos enfants, confrontés aux aléas de la maladie psychique, doit franchir l'épreuve des mois de juillet-août.

L'année dite "scolaire" n'est jamais facile à vivre, nous le savons bien, mais le marathon c'est juillet-août…

Les projets d'abord. Mot doux lorsqu'il s'agit d'imaginer un temps de vacances à la mer ou à la montagne, avec sa famille, avec des amis.

Elaboration d'un projet de vacances ; questions :

 

  • Avec ou sans "lui" ou "elle" ?
  • Pour son bien ou pour notre repos indispensable ?
  • Une semaine ou un mois ?
  • Encadré strictement ou bien livré à luimême, puisqu'il est majeur ?
  • Avec quel relais pour la famille ?
  • Avec quelle assurance, au propre comme au figuré, que tout se " passera bien " ?

 

Que de fois ai-je entendu : "Cet été, je voudrais partir à l'étranger avec un tel". Au lieu de couper court avec un tranchant : "Il n'en est pas question !", entendre le souhait commun à tous les jeunes, tout en sachant que les troubles psychiques empêcheront de trente-six façons la réalisation de ce projet. Quel copain, quelle amie l'accepterait-il ? Seule une amie schizophrène, " la seule amie qui depuis vingt ans a accepté de partir avec moi quelque part ".

Cette double souffrance est toujours présente. Elle ou Lui : "Je suis, je veux être, comme tout le monde". Nous : "Malheureusement, non. Mais je continue à t'aimer et à t'entendre, malgré les ravages de la maladie". Encore nous : "Je t'aiderai (mais comment ?) à passer ces deux mois". Finalement, après avoir remué ciel et terre, c'est chez vous que se retrouve votre enfant quelque soit son âge. Si vous ne l'avez pas vu depuis un certain temps, vous espérez trouver un adulte compréhensif sur lequel, pourquoi pas, s'appuyer (vous vieillissez si vite). Car l'absence a gommé de votre esprit toutes les difficultés.

Mais non, vous devez sans cesse vous réajuster à cette pensée différente, ce phrasé différent, cette compréhension différente, ce fonctionnement si différent de ce que vous avez l'habitude de vivre. Tout décoder, comme une langue étrangère. "J'ai trente-cinq ou quarante ans, mais je suis, à certains égards, un tout petit enfant puisque mon cerveau ne peut penser comme le tien, puisque j'ai besoin que tu t'occupes de moi."

Grâce à un lieu magique, cet été mon enfant schizophrène ne revient que pour quinze jours de vacances. Cette année, cela "se passe bien", même si je dois me réadapter en permanence à un comportement qui me semble venir d'une autre planète. Mais alors, pourquoi cette fatigue immense, comme au sortir d'un marathon, après l'avoir raccompagné ?

Leur maladie psychique est revenue en boomerang : cela ne se voit pas mais cela s'entend au plus profond de votre coeur de mère, de père. Vous avez dû vous raisonner, prendre sur vous pour dissocier l'enfant que vous aimez, de la maladie qui perturbe son cerveau.

Dans votre propre faiblesse vous accompagnez cet enfant qui, malgré son âge, n'a besoin que de tendresse. Pour lui, pour elle, c'est une forme de vacances, quand toute l'année il a couru sans fin après des projets qui ont avorté les uns après les autres. Et vous les avez pris en plein coeur ces échecs, aimant encore plus l'enfant blessé, cherchant désespérément à l'aider.

Etonnez-vous, après cela, de revenir de vacances infiniment fatigué !

Ne reste que le Seigneur de l'Univers. Dans ses bras vous voulez être consolé et, pour la énième fois, vous le suppliez de prendre en charge votre enfant.

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