2e lundi d'avent, Alors la bouche du muet criera de joie

Pendant l'avent et sauf les jours de fête, je propose de contempler la première lecture prophétique, dans le désir de la venue du Sauveur. Le cardinal Cantalamessa, capucin et prédicateur du Vatican (qui a refusé par humilité d'être ordonné évêque) disait ce samedi: “L'avent nous est donné pour passer de la foi à l'admiration” de Dieu. C'est aussi mon but.

Prier l'Esprit saint et lire le texte, puis demander une grâce, par exemple la louange, puis prendre quelques minutes sur la première partie. Relire cette partie, imaginer la scène, repérer à qui s'adresse le prophète, écouter ce qu'il entend, ressent, fait. Rester sur ce qui a du goût, ce qui me touche. Puis la 2e partie, la 3e, et finir par un moment de dialogue avec le Seigneur.

Première lecture (Is 35, 1-10)

1Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas.

Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs.

Là, il y aura une chaussée, une voie qu’on appellera : la Voie sacrée. L’homme impur n’y passera pas – il suit sa propre voie – et les insensés ne viendront pas s’y égarer. Là, il n’y aura pas de lion, aucune bête féroce ne surgira, il ne s’en trouvera pas ; mais les rachetés y marcheront. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Première partie de la lecture du jour.

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : “Soyez forts, ne craignez pas.”

On distingue trois parties dans le livre d’Isaïe :

  • chapitres 1-39 écrits avant l’exil, sauf ce chapitre 35.
  • chapitres 35 et 40-55 : Livre de la consolation d’Israël, écrit pendant l’exil.
  • chapitres 56-66 : écrits après l’exil à Babylone.

La consolation est le thème principal du chapitre 35. Consoler, c'est ''être avec celui qui est seul'', lui redonner courage et joie. Si le peuple accueille la bonne nouvelle de sa libération, il sera en joie extrême et la manifestera: “qu’il exulte et crie de joie !” Le Carmel et le Sarone sont des monts bien arrosés réputés pour leur végétation, dont la rose de Sarone, tandis que le désert et la steppe pourraient désigner nos lieux intérieurs d’aridité, de solitude, de non-vie. Et ce sont ces lieux que le Seigneur vient visiter. C'est là qu'il veut me rejoindre, me consoler, là où j'ai mal il veut me réjouir.

Je peux prendre quelques minutes pour contempler cette vision si poétique, comme une réalité proche, car Celui qui a eu le pouvoir de créer a aussi le pouvoir de recréer. Est-ce que je peux quelquefois danser ou crier de joie pour l'oeuvre du Seigneur ? Sinon je peux lui demander cette joie et cette liberté, où bien lui présenter mes lieux de désert, d’aridité, de solitude, où j'ai besoin de lui.

Deuxième partie de la lecture du jour.

4Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs.

Voici votre Dieu... il vient lui-même et va vous sauver” est clairement une annonce de l'Incarnation. La « vengeance » de Dieu ne consiste pas à combattre le mal par le mal, comme nous faisons souvent, mais à vaincre le mal par le bien (cf. Rm 12, 14-21). Dieu se venge du mal en guérissant gratuitement, physiquement et spirituellement. La victoire de la croix est celle de l'amour gratuit sur la haine, celle du pardon sur la giffle, celle de la bénédiction sur la moquerie. “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font!” (Lc 23,34)

Je peux prendre quelques minutes pour goûter la poésie de ce passage, ces images parlantes qui m'aident à imaginer par petites touches la réalité concrète de l'oeuvre de Dieu qui vient par le Messie. 

Troisième partie de la lecture du jour.

8Là, il y aura une chaussée, une voie qu’on appellera : la Voie sacrée. L’homme impur n’y passera pas – il suit sa propre voie – et les insensés ne viendront pas s’y égarer. Là, il n’y aura pas de lion, aucune bête féroce ne surgira, il ne s’en trouvera pas ; mais les rachetés y marcheront. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Ce qui manque le plus dans un désert de rochers, c'est un chemin correct, une chaussée pour les chausses, sans piège ni bête féroce, mais voici qu'il y aura un chemin de retour, de joie, sans douleur ni plainte.

Je peux prendre quelques minutes sous la “couronne de l’éternelle joiepuisque notre Libérateur arrive. Le chemin, c'est la louange et la fête, la joie et l'allégresse pour le rachat, la libération par celui qui dira: “Je suis le chemin”. 

Je termine par 5 minutes de dialogue amical avec Jésus. Qu'ai-je envie de lui dire? Il m'appelle à l'émerveillement, à la louange ? Conclure par un signe de croix ou un chant, me lever, je peux noter mon vécu pour relire les difficultés traversées et les grâces reçues. 

"Le retour des Exilés" commenté par Michel MARET de la Communauté du Cénacle

José RAISSON