Méditation de Sœur Yvette, conseiller spirituel d’un groupe de Nantes, à partir du thème choisi pour le pèlerinage à Lourdes en mai 2017

le 23 septembre 2016


161215 choisis donc la vie
Choisis donc la vie !

Pendant longtemps ce fut pour moi une drôle de consigne.

La question du choix me choquait. Comment choisir la mort comme çà, tranquillement sans même qu’il soit question de souffrances intolérables ? J’avais beau reprendre les paroles de la Bible, tenter d’écouter Dieu me dire :

«Vois je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur…Choisis donc la vie pour que toi et ta postérité vous viviez » Dt.30, 15.

Pour moi, ce n’était vraiment pas une question de choix, je trouvais normal de continuer à vivre.

Tant de paroles dans la Bible restent mystérieuses malgré nos efforts de réflexion et nos appels à l’Esprit Saint et je n’y pensais plus !

Cette parole est devenue de l’ordre de l’expérience au pied du lit de Jacqueline après sa deuxième opération de l’œsophage. Elle sortait tout juste de soins intensifs et voulait préparer le sacrement des malades.

Elle a expliqué qu’au moment où elle reprenait conscience, encore sous l’effet des calmants, elle avait été tentée de se laisser aller dans cette sorte de léthargie. Elle avait expérimenté que vivre lui demanderait des efforts terribles. Elle devait choisir…

Cela m’a donné à penser que la vie est comme un fleuve, elle est mouvement et vient d’ailleurs, elle se reçoit et se fait « mienne » : « Je suis – je vis ». Il faut décider de la capter, mordre dedans, la respirer, la nourrir, en prendre soin. Elle est en effet réponse à une liberté et marche avec elle. Le conseil n’est pas superflu : « Choisis donc la vie » (décide, devient vivant, ne te contente pas de végéter…).

Jacqueline m’a appris que rester entre deux eaux ce n’est pas vivre.

Se laisser balloter, attendre que les événements me façonnent, me  ressemble bien à la mort mais sans que je la décide ; même le bois travaillé par les courants ne provient pas de branches desséchées mais bien de branches vertes que l’homme ou le vent a fauché tout net. Qui a dit qu’il voulait mourir vivant ?

Oui, la vie est comme un torrent et qui peut l’arrêter ? Elle rencontre des obstacles, des barrages la transforment en énergie, les rochers la font rebondir, la moindre cavité la recueille, son cours peut être détourné mais de toute part elle me dépasse. Ainsi j’ai le choix entre la boire à pleines gorgées ou la refuser. La refuser c’est obstruer sa source, c’est nier de qui jaillit cette eau c’est se prendre pour l’origine. La vraie mort est morale, ce n’est pas la mort physique. Je peux mettre fin à mes jours sur terre mais la vie qui l’arrêtera ???

Et si de plus, je fais confiance à Celui qui est la vie et la résurrection…

Mais restons encore dans le choix qui est devant nous aujourd’hui. Nous voyons qu’il est apparenté à notre liberté.  Combien de prisonniers, de torturés ont témoigné de cette capacité de réagir, de penser, de garder leur dignité d’homme vivant. Je pense Nelson Mandéla, J. Paul Kaufman, Maïti Girtanner torturée en 1943 et restée avec des souffrances intolérables toute sa vie. Ne plus jouer de piano, elle l’apprendrait à des jeunes. Ne jamais pouvoir avoir d’enfants, elle serait répétitrice et quand on lui demande si elle en veut à ses bourreaux elle répond que ses souffrances n’étaient que la conséquence de son choix, elle en était responsable.

Elle rejoint Celui qui a dit : « Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » Jn 10,18

Je pense encore à cette personne belge des jeux paralympiques qui voulait gagner une médaille et après, programmer un suicide assisté tellement elle souffrait. Elle a eu sa médaille et l’accord désiré mais maintenant qu’elle a l’assurance d’arrêter quand elle ne pourrait vraiment plus, elle dit mordre dans la vie malgré ses immenses douleurs. Cette décision l’a libérée et l’entraîne en effet, dans le sens de plus de vie, de relations. Elle se fait aidée… Elle ne vit pas seule ni seulement pour elle et elle n’est pas triste. L’angoisse qui la hantait a fait place à la paix. Elle a choisi la vie.

En définitive, la vie ne nous appartient qu’à partir du moment où nous consentons de la recevoir, où nous acceptons d’être des vivants. Et quand nous le pouvons, librement nous en reconnaissons l’origine, mieux nous nous jetons en Lui. « En Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » Actes 17, 28

A travers l’Évangile nous regarderons Celui qui a dit « Je suis la vie » Jn 14,6. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Jn 10,10

Mais, réécoutons encore la Parole pour aujourd’hui. Écoutons-la avec une attention particulière : c’est à moi qu’elle s’adresse, je ne suis pas chargé de la vie des autres mais si moi je choisis la vie, alors elle sera féconde pour ceux qui m’entourent et dans la communion des saints elle portera même du fruit jusqu’au bout du monde.

 « Je te propose la vie ou la mort. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre que le Seigneur a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner. »

Croyons-nous vraiment que la vie est déjà pour cette terre parce que Dieu a fait alliance avec nous en Jésus Christ et que sa promesse est la vie pour toujours. ? Marie a cru en cette promesse. Comme elle en choisissant personnellement ce chemin je sers le monde.

Le projet de la réunion qui a suivi un mois plus tard :

  •  La question : aujourd’hui, j'ai le choix de subir ma vie ou de la prendre en main.
  • Prendre un exemple de choix coûteux (parler ou se taire ..faire ou ne pas faire . ;....est ce que cela a été source de Vie ou de Mort pour l'un ou pour l'autre ?
  • ==> méditer l'évangile de Jésus au Temple. Luc 2,41-51 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-51)

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.

Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume.
Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher. 
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi: il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !» Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis.
Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.


Quels choix avait Jésus ? quelle a été l'attitude de Marie et de Joseph ?

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

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Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

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