Quand il faut aborder l’Espérance, c’est à toi que je pense, toi malade psychique de ma connaissance.

Sans doute tu ne liras-tu jamais ces lignes, mais si, pour moi, il y a un maître en la matière, c’est bien toi, toi qui m’as dit un jour : « Hein ! Je ne suis pas schizophrène ? Je ne vais pas être fou ? Hein ?! », alors que tu te débattais au milieu de tous ces évènements innommables, déroutants, angoissants, violents qui t’advenaient. Tu sentais que nous ne te comprenions pas ; alors tu nous verbalisais un paravent de délire, tentant des mots, des images qui, peut-être, pourraient entrer dans nos langages raisonnables, rationnels, sensés, nous signifiant que tu rompais le dialogue, une relation impossible et sans doute ridicule à tes yeux.

Bien sûr, tu nous reviens toujours avec des espoirs, des idées, des projets, qui nous paraissent, à nous, bien peu réalistes. Mais nous aussi, combien de fois en avons-nous inventé de ces espoirs, de ces projets d’avenir, en relation avec toi, pour toi, pour nous ! Et puis ce nombre de fois où ces espoirs se sont effondrés douloureusement, se sont avérés inadaptés, voire catastrophiques… Il y a eu des projets mis en place avec toi, te rendant moins douloureux, plus stable, voire calme et gai à certaines périodes. Et puis, sans savoir pourquoi, nous nous retrouvons devant tes cris, tes violences ; c’est l’angoisse que tu me criais l’autre jour au téléphone, ou la culpabilité épouvantable qui t’habite à certains jours, ou ton agressivité accusatrice à l’égard de ceux qui s’investissent longuement avec toi…

Oui tu es bien un maître en matière d’Espérance, un maître exigeant qui nous invite à ne pas nous payer de mots. Tu nous provoques à avancer sur nos routes personnelles : chacun la nôtre, en notre nom propre, mais en relation. Et nous ne te serions d’aucune utilité si nous n’avancions pas sur nos routes personnelles, si nous ne vivions pas les remises en cause qui nous concernent, nous.

Et en même temps, il me semble que nous ne déboucherons pas sur l’Espérance sans tenir et cultiver la relation avec toi, même de façon épisodique. Mais si le fantasme de guérison nous hante, si la tentation de plaquer un terme définitif de handicap sur ta maladie et donc sur nos relations, est parfois si forte, si les perspectives de « progrès » ou de « reconstruire » nous habitent de façon tout à fait illusoire, il nous faut néanmoins continuer la route en relation, celle qui est devant nous et que nous ignorons encore : le principal sens de cette aventure nous échappe. Nous ne pouvons plus penser à progresser en humanité, mais à progresser en conscience de nos humanités, telles qu’elles sont : « celui qui fait la vérité vient à la lumière ».

Alors mon Espérance va s’incarner en tentant de te rejoindre sur ces morceaux de réel que tu me donnes à voir, ces morceaux-icebergs peu sûrs, ces morceaux de nos humanités délabrées. Je veux croire que Celui qui a tenu à y être présent y tient toujours aussi passionnément. Puissions-nous, au terme de ce Carême, le Samedi Saint, contempler Celui qui descend dans nos enfers et, là, le retrouver pour continuer la route en lien avec lui.

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais

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