L’épreuve de la rencontre avec la souffrance psychique

Quand on découvre dans son entourage, et particulièrement dans la famille proche, que quelqu’un souffre de troubles psychiques, on vit une profonde inquiétude. Que se passe-t-il ? Il/elle ne se conduit plus comme avant, son discours est moins cohérent, il/elle semble vivre dans un autre monde, ou bien il/elle est continuellement triste, déprimé(e), fatigué(e), il n’y a plus de ressort. Nos tentatives d’entrer en contact, ou de stimuler l’autre semblent sans effet. Il y a quelque chose qui ne va pas.


Vient alors un sentiment de profonde insécurité : que faire, qui consulter ? Est-ce grave ? Comment aider la personne sans la culpabiliser ? Comment lui faire comprendre que quelque chose ne va pas sans qu’elle se sente jugée ? Comment lui proposer une aide sans la déresponsabiliser ou l’assister ? Quelle est la bonne attitude ? Certains jours nous nous sentons poussés à la secouer pour qu’elle ne se laisse pas aller, d’autres, nous avons l'impression qu’il faut respecter son mutisme, son refus de communiquer, ou ne pas trop attacher d’importance à un discours proche du délire… Ce qui ajoute à la difficulté, c’est qu’il faut parfois des années pour arriver à un diagnostic précis. Et il peut se créer alors des relations conflictuelles entre les proches et les soignants, parfois dans un déni de la gravité de la situation ou l’emprise excessive d’un soignant dans certaines décisions (hospitalisation ou non, par exemple).
C’est alors que vient un sentiment d’impuissance et de trouble et la nécessité de se faire aider. On ne sait plus qu’elle est la juste attitude, comment assumer ce poids, que dire, que faire, quelle est la bonne réponse. On se sent fragile, maladroit, perdu, agressé et agressif. Alors, il peut exister des tensions difficiles dans le couple, car les deux conjoints n’ont pas forcément la même attitude face à une fragilité psychique. L’un des deux peut être surtout ému(e) par la compassion et par l’urgence d’agir, alors que l’autre peut avoir peur du regard extérieur et avoir honte de ce qui dysfonctionne soudain dans la famille. Que va dire le reste de la famille, que vont dire les voisins… ? Sur cela peut se greffer un sentiment de culpabilité : qu’avons-nous fait de mal, quelle erreur avons-nous faite pour que cet enfant soit dans cet état ? On cherche des causes, des explications, avec le risque de vouloir expliquer par les antécédents familiaux de telle ou telle branche de la famille, et parfois de s’accuser entre conjoints. « Chez vous, il a toujours eu des problèmes, d’ailleurs regarde ton père, ta mère, ton frère ou ton cousin… ». Alors, à la souffrance de la maladie de l’enfant ou du proche s’ajoutent les blessures qu’on se donne l’un à l’autre, les doutes l’un sur l’autre. Alors qu’on aurait tant besoin d’être unis, on commence à se déchirer et à s’accuser….  C’est parfois aussi le reste de la famille : enfants, frères et sœurs, qui nous insécurisent, se sentent maladroits, ou en rajoutent dans les accusations…
C’est alors qu’on est vraiment en danger. Il ne faut surtout pas rester seul avec tout cela. D’abord, parce qu’il faut prendre une distance et vérifier ce qui se passe, ensuite, parce qu’il est parfois vain de chercher une explication claire, une cause précise de type génétique ou neurologique qui n’est pas toujours vérifiable. Bien sûr, cela nous rassurerait de connaître l’origine. Cela nous soulagerait de savoir que cela ne vient pas notre lignée mais de celle de l’autre…. Mais, pour finir, qu’est-ce que cela change à la responsabilité du couple et de la famille dans la nécessité de prendre en charge avec compassion celui, celle qui est fragilisé, souffrant ?
Une des souffrances les plus difficiles à vivre est souvent l’imprévisibilité des évolutions. Dans certains cas, il n’est pas de guérison possible, il y a de petites améliorations fugaces, et il faut s’en contenter, s’en réjouir, les accueillir avec patience. . Dans d’autres, il y a des évolutions cycliques avec des avancées et des reculs. Et c’est là que pointent l’angoisse et l’insécurité. Il devient presque impossible de faire des projets. On est sans cesse alerté, vigilant, pour repérer les indices d'amélioration ou de régression. On passe de l’espoir à l’espérance, puis  au désespoir et parfois à la désespérance. Et on se décourage parfois, parce que les ressources de patience et de compassion ne sont pas illimitées. D’autant plus que ceux qui sont en difficulté psychique sont souvent dans le déni et ont parfois l’art de nous culpabiliser : « Si tu étais mon père tu m’accepterais ou tu ferais ceci ou cela… ». C’est là que résonne la phrase de Jean Vanier : « Aimer, c’est révéler à l’autre sa propre beauté », malgré tout et en nous efforçant de continuer à reconnaître cette beauté parfois tellement occultée.  A cela s’ajoute, en vieillissant, l’angoisse pour l’avenir de ce proche souffrant, le jour où nous ne pourrons plus nous occuper de lui.
Il y aussi bien souvent une autre tension à gérer : comment, avec le poids de l’inquiétude et la nécessaire vigilance qui se polarisent sur le plus fragile de la famille, ne pas porter préjudice aux autres membres de celle-ci ni se couper de l’entourage, priver le reste de la famille de présence, d’affection, peut-être même de vacances familiales ou de loisirs ensemble ? Certains enfants peuvent s’efforcer de se faire pardonner le fait d’être en bonne santé ou essayer de ne jamais ajouter à la peine de leurs parents. Une fermeture de la famille peut aussi s’expliquer par l’épuisement comme par la honte de se montrer en public et la peur de se faire remarquer par un comportement perçu par d’autres comme anormal ou déviant. Même si le chemin d’acceptation a été parcouru positivement en famille ou dans l’entourage, il reste souvent le regard des autres qui jugent et enferment sans bienveillance.
Le regard peut être destructeur lorsque, après avoir traversé une phase dépressive, qui a d’ailleurs peut–être permis une reconstruction plus solide et harmonieuse de notre identité, une forme de résilience, les autres nous enferment dans ce que nous avons vécu, dans notre passé. Ils nous identifient avec notre fragilité. Nous n’avons plus le droit d’évoluer ou de régresser, même légèrement. Toute fragilité semble devenue interdite. Ce comportement, non seulement n’aide pas la réinsertion, mais l’empêche par l’anxiété qu’elle suscite chez celui qui essaie de reprendre une vie normale. Il n’a pas le droit à l’erreur. Ce n’est pas forcément que les collègues ou les patrons sont méchants, c’est que, bien souvent, ou ils ont peur pour eux-mêmes (la fragilité de l’autre nous révèle la nôtre),  ou bien ils craignent que le travail en équipe ne soit plus possible et que le rendement diminue. Terrible pression de la rentabilité !
Enfin, le sentiment d’impuissance peut finir par s’imposer. Henri Nouwen invite alors à vivre ce qu’il appelle le « ministère de la présence » (1) C’est le partage d’une indicible impuissance où nous avons besoin de nous jeter en Dieu, dont la compassion est indispensable et toujours offerte. Laisser Dieu être Dieu et renoncer à la tentation d’être sauveur du cœur de notre impuissance. C’est parcourir tout un chemin de démaîtrise.

S’accueillir avec ses propres fragilités face à la souffrance de ceux que nous aimons.

Parmi les attitudes à favoriser, la première que j’avancerais, c’est d’essayer de s’accueillir soi-même avec ce mélange de lumière et d’obscurité que nous sommes tous, comme le dit Jean Vanier. C’est le Frère Roger aussi qui disait : « ne laisse pas tes ténèbres t’envahir ». Car nous avons tous notre part de ténèbres, la zone obscure avec laquelle nous essayons de vivre et qui nous vient parfois de très loin dans notre histoire personnelle ou familiale. Même une personne normalement équilibrée – si cela existe tout à fait – passe par des alternances de lumière et d’obscurité, de joie et de paix, suivies de crainte et de doute. Et c’est quand notre obscurité l’emporte que nous voyons tout de façon obscure, nous nous jugeons, nous jugeons les autres… Nous nous découvrons des sentiments inimaginables en temps normal : « je préférerais mourir… », ou bien : « je voudrais qu’il n’ait jamais existé, ou qu’il disparaisse de mon horizon… » et nous avons honte de ces sentiments suicidaires ou homicides, et nous nous en voulons, nous nous en culpabilisons.

Il faut savoir que ces sentiments sont très répandus. Tout être humain normalement sensible et en contact avec son affectivité passe par des sentiments difficiles. Et ceux-ci surgissent avec d'autant plus de force quand nous sommes en situation de fragilité, de perte de contrôle de nos vies, de peur pour ceux que nous aimons. C’est ici qu’il faut bien comprendre qu’un sentiment n’est ni bon ni mauvais. Dans une certaine éducation soi-disant chrétienne, il est possible qu’on nous ait culpabilisés de nos sentiments douloureux. Un bon chrétien, une bonne chrétienne n’a pas peur, n’est pas triste, ne ressent pas la colère, est toujours joyeux(se) d’être aimé par le Christ , en qui il/elle peut avoir une totale confiance. Eh bien, non. C’est faux. Etre chrétien, c’est être humain, c’est avoir une affectivité normale qui réagit aux agressions, qu’elles viennent de nos profondeurs ou de l’extérieur. On peut considérer quatre classes de sentiments : la colère, la peur, la tristesse et ceux qui relèvent de la paix, la joie, la gratification. Il ne dépend pas plus de nous de ressentir un sentiment qu’il ne dépend de nous de percevoir ou non la chaleur d’une bougie qu’on approche de notre peau. Cela relève du ressenti et n’a aucune valeur morale.
C’est ici qu’on se rend compte des dégâts faits par la confusion entre sainteté et perfection. Si nous lisons dans Matthieu, « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », en Luc, c’est de la miséricorde qu’il s’agit. Oui, nous sommes appelés à être miséricordieux et à n’exclure personne comme notre Père nous aime. Cela se fait avec sa grâce, avec toute notre bonne volonté, nous sachant maladroits dans l’amour, pécheurs au quotidien et pécheurs quotidiennement pardonnés. Mais il ne s’agit pas d’être humainement parfaits, sans limite ni fragilité, sans faute ni défaut. Cette sorte d’héroïsme chrétien ne correspond pas à ce que Jésus nous demande quand il nous invite à sa suite et nous parle de sa tendresse qui n’enferme jamais personne dans son mal. Ne nous déshumanisons pas en essayant de ne plus rien ressentir de négatif, mais accueillons-nous avec cela. Celui qui veut être parfait se sent toujours dans l’échec, la déception. Il est humilié par son péché et se compare sans cesse négativement aux autres. Celui qui est sur un chemin de sainteté n’est pas humilié par son péché car il se sait pécheur, ni par sa chute, car il se sait fragile. Mais il se remet debout et, les yeux fixés sur le Christ, décide de faire à nouveau confiance, même quand tout semble désespéré. Et cela, il le fait par pure grâce et avec le soutien de frères et de sœurs qui le tiennent par la main quand la nuit est trop obscure.
Mais alors, qu’est-ce qui dépend de nous dans tous ces sentiments ? Ce n’est donc pas de ne pas les ressentir, mais d'apprendre à les identifier, à les apprivoiser, pour pouvoir les partager et tâcher de les accueillir et les vivre de la façon la plus constructive possible, du cœur de nos limites. Ce n’est pas toujours facile d’identifier ses sentiments. C’est souvent encore plus laborieux pour les hommes, qui parfois s’imaginent que ce sont les femmes seules qui en ont, car « elles sont sentimentales », tandis qu’eux, n’est-ce pas, ils réfléchissent, ils analysent. Or, la meilleure façon d’être esclave de ses émotions, et de risquer de se faire détruire par ses sentiments, ses affects, c’est d’être dans le déni, de les considérer comme une fragilité inacceptable et de les rejeter ou de les refuser.
Ensuite, une fois que nous avons reconnu que nous avons des sentiments et que ceux-ci peuvent nous envahir au-delà parfois de notre capacité de les gérer, il est important de les identifier, de les nommer. Ce n’est pas toujours clair car ils peuvent être entremêlés. « Je suis tout heureux d’accueillir ma fille malade pour le week-end mais j’ai en même temps une peur bleue de la rater ou d’avoir trop mal en la voyant comme elle est aujourd’hui ». Ou bien,  je vis une profonde tristesse de voir mon conjoint dans cet état et, bien que je sache que ce n’est pas de sa faute, je vis une terrible colère contre lui, contre les autres, contre le monde entier… Je ne puis accueillir tout cela que si j’accepte de le reconnaître, sans porter aucun jugement moral, ce qui va m’aider à partager mes sentiments sans honte et sans jugement. Quel soulagement, quand je peux m’en ouvrir à quelqu’un de confiance, ou à mon Dieu comme un enfant.
Notre responsabilité morale est engagée, non dans le ressenti, mais dans ce que nous faisons de nos sentiments. Par exemple, entre conjoints, il est possible de partager ses sentiments comme on s’offre un cadeau. C’est difficile quand un des deux veut donner l’impression d’être fort ou a peur d’exposer sa fragilité… Comme si celle-ci n’avait pas été devinée par l’autre depuis longtemps ! Pouvoir se partager simplement les sentiments qui nous habitent avant une consultation médicale ou après la crise d’une personne proche peut être un lieu privilégié de construction de la confiance et de l’intimité, un lieu de guérison-même. Cependant, en tout cela, il faut apprendre à trouver la juste distance. Celle-ci consiste dans la capacité de se laisser toucher par l'autre sans se laisser envahir, sinon on entre dans la fusion et dans la confusion. Contaminé par le négatif de l’autre, on n’est plus capable de l’accueillir car on a absolument besoin de se protéger pour survivre. Par contre, être capable d'accueillir l’autre avec ses sentiments de façon juste, de les lui reformuler, de lui exprimer qu’il n’est plus seul avec cela, c’est un profond soutien. La juste distance vaut pour le couple, mais aussi par rapport à la personne fragile car la pathologie psychique est toujours aussi un trouble de la relation.
Il nous faut enfin prendre les moyens de discerner dans notre vie. Si un sentiment pénible, négatif, est trop envahissant ; s’il demeure en nous et nous empêche de vivre normalement, il est important de creuser ce qu’il y a en-dessous. Car un sentiment difficile qui perdure est souvent le signal, le symptôme, qu’il y a un besoin en nous qui n’est pas suffisamment rencontré : besoin d’être aimé, d’aimer, d’appartenir, d’être estimé, de sécurité, etc. Notre Dieu nous veut vivants, il nous veut aussi paisibles, ce qui ne veut pas dire que nous soyons sans souci ou même sans souffrance. Mais si notre vie est noyée dans la tristesse, la peur, ou la colère, il nous faut prendre les moyens pour aller voir ce qui n’est pas juste en nous, ce qui est exagérément touché, perturbé, ce qui nous déstabilise et peut-être même nous coupe de notre Dieu. Ici, l’aide du conjoint, d’un thérapeute ou d’un accompagnateur spirituel peut être indispensable. Il ne faut pas rester seul à broyer la peur, la colère, la tristesse qui pourraient se tourner en haine de soi ou en rupture d’avec les autres. Il faut discerner les causes profondes pour pouvoir agir ensuite.

Oser nous exposer à notre Dieu avec tout ce qui nous fait honte et nous révolte.

Une autre attitude essentielle au cœur de nos épreuves, c’est de ne pas avoir peur de Dieu ni d’oser être pleinement nous-mêmes face à lui, même si nous sommes tentés de l’accuser. Car, s’il est important de nous accueillir nous-mêmes avec nos limites, nos hontes, notre péché, bien plus encore sommes-nous accueillis par notre Dieu qui est toujours touché par le cri du plus fragile.
C’est lui qui nous a tissés dans le sein de notre mère, c’est lui qui nous a donné la vie et continue à nous créer et à nous recréer en permanence. Il sait que nous sommes faits de poussière et que nous sommes marqués par notre histoire. Tout ce que nous avons vécu, il le connaît, et cette part inconsciente de notre histoire personnelle ou familiale dont aucune psychanalyse n’arrivera à bout, il la connaît. Père et mère à la fois, il nous accueille tels que nous sommes, sans nous juger ni nous rejeter (2). « Moi, je ne juge personne » nous dit le Christ. C’est pourquoi, si certains jours nous nous sentons abandonnés et rejetés par lui, si nous sommes tentés de nous juger et de nous condamner, il nous accueille avec notre colère, notre tristesse, nos peurs… avec nos accusations même !
Si nous lisons attentivement le livre de Job, ou bien certains psaumes, nous constatons que dans ce livre inspiré par l’Esprit-Saint qu’est la Bible, il y a de nombreux cris de colère, de peur, de tristesse et de reproche contre Dieu. Précisément parce que la tradition biblique est pétrie d’humanité. Le Nouveau Testament nous montre Jésus pleurer sur ceux qu’il aime, se mettre en colère contre l’impiété de ses frères juifs au temple, suer d’angoisse à Gethsémani alors que sa mort est proche. Et c’est précisément la grande différence entre la foi chrétienne et d’autres religions. Notre Dieu n’est pas un être céleste éloigné des hommes, un maître tout-puissant qui écrase ses serviteurs de sa domination, c’est un Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour, qui a voulu assumer tout de notre humanité et même porter ce péché qu’il n’a lui-même jamais commis. Ceci devrait être une de nos plus grandes sources  de consolation, que nous méditions la passion, ou priions le chemin de la croix. Il a tout connu de notre humanité. Certes, ses tortures, si elles ont été horribles, ont été brèves, même pas vingt-quatre heures. Or, si ce paroxysme de l’amour et de la souffrance a été court, fulgurant, il a aussi eu un effet définitif : la mort, le mal ont été vaincus pour toujours par l’amour et le pardon. Nous pouvons avoir l’impression que le Seigneur ne peut pas comprendre ce que c’est que d’accompagner d’année en année un être aimé dans une déchéance qui ne fait que s’approfondir … Cette longue patience qui épuise les forces goutte à goutte. Pourtant, ne disons pas cela, laissons Dieu être Dieu. Il ne nous a pas sauvés par la quantité de souffrance qu’il a traversée – d’autres ont vécu des souffrances physiques et sans doute psychiques pires -, mais par la profondeur d’un amour de tendresse et de compassion pour chacun d’entre nous. Car, pour lui, nous sommes chacun unique et irremplaçable, et il nous a promis d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

L’attitude du Christ nous montre qu’il ne nous laisse jamais sans sa grâce. Non seulement il ne condamne pas, mais il renouvelle sans cesse son alliance. Il a une façon de croire en nous qui dépasse ce que nous pouvons imaginer.

Jamais il ne nous enferme dans notre limite ou notre péché. Il nous demande de ne jamais enfermer l’autre dans sa faiblesse ou ses handicaps psychiques. La tentation est grande de réduire la personne à l’image qu’elle nous donne d’elle-même à un moment de sa vie. Que c’est difficile de continuer à voir dans son père, sa mère, ou son enfant, le bien-aimé de Dieu, cette personne que nous avons connue avant sa maladie, alors qu’elle nous donne sans cesse l’image d’un être diminué, déshumanisé. Comme c’est difficile alors de résister à la tentation de se protéger en refusant à l’autre toute son humanité, en en faisant un simple objet de soin, en refusant de reconnaître toute sa dignité. Alors, nous ne nous investissons plus dans la relation. Nous ne croyons plus dans une amélioration possible. Nous risquons de ne plus voir les signes d’une présence, d’une lumière de vie, d’un avenir….  Il est pourtant tellement important de signifier à celui/celle qui souffre que nous continuons à lui faire confiance, à croire dans des possibles en lui, en elle, alors même que nous avons été déçus ou que nous avons l’impression qu’il/elle ne veut pas tenir compte de ce que nous disons. Comme il est difficile d’évaluer la liberté et la responsabilité réelles de l’autre. Comme nous sommes parfois tentés de lui reprocher de ne pas vouloir faire tel effort, alors que nous ne savons pas si, en réalité, il/elle n’en peut pas plus. Que d’efforts déçus qui nous poussent à baisser les bras et à croire que nous perdons notre temps.
Nous risquons alors de ne plus croire dans l’amour et la compassion de Dieu. Le plus difficile, c’est quand nous avons l’impression qu’Il ne nous entend pas. Qu’Il nous refuse ce que nous lui demandons dans un cri. Dans ce cas, obsédés par telle demande d’amélioration, de guérison, nous risquons de ne plus voir les signes qui sont donnés : telle petite amélioration, tel geste d’une personne de notre entourage qui nous donne une parole de réconfort, telle possibilité de nous faire aider par d’autres, comme ce que propose Relais. Enfermé en nous-mêmes dans notre mutisme, notre cécité et notre solitude, nous nous rendons incapables de reconnaître encore les preuves, parfois ténues, que notre Dieu ne nous a pas lâché la main et qu’il y a des personnes autour de nous qui ne nous abandonnent pas. Oui, si vraiment nous sommes convaincus que Dieu a renoncé d’être avec nous, il est grand temps de rejoindre d’autres personnes pour qu’elles nous apprennent à regarder autrement, à porter autrement, à interpréter autrement ce qui semble définitivement sans issue, comme une condamnation. On dit qu’un chrétien isolé est en danger de mort, mais combien à plus fort raison est-ce le cas de chrétiens qui accompagnent des personnes en grande souffrance psychique. C’est aussi le cas pour des couples qui se divisent à cause de l’épreuve parfois trop lourde.
Le Père Baudiquey a écrit : « Les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent ». Il parlait des regards du Père miséricordieux sur le fils prodigue. Ce fils dont on dit qu’il était désespéré et qui est revenu, non pas dans le but de retrouver sa place de fils, mais simplement pour travailler comme journalier et au moins manger à sa faim car il ne s’estimait plus digne d’être appelé le fils, pensait-il.  Or, nous dit saint Luc, « alors qu’il était encore loin, son Père l’aperçut ». Alors qu’il était encore loin et qu’il était enfermé dans sa solitude et sa honte et se demandait comment il serait reçu. Chaque fois que nous nous sentons loin, chaque fois que Dieu nous paraît loin, chaque fois que la personne que nous aimons et qui souffre nous paraît abandonnée de Dieu, pensons à l’attitude du Père dont les yeux s’étaient usés à attendre le fils, à guetter le fils, à l’espérer. Demandons-lui la grâce de porter sur les êtres défigurés qui nous sont confiés un regard qui les espère, qui ne les identifie pas à leur pauvreté.

Notre foi confrontée à la l’épreuve de la souffrance et du mal (3)

L’expérience de la fragilité est aussi souvent la confrontation avec la souffrance et la finitude, avec nos failles, nos limites, les blessures de la vie. Or même si Dieu peut faire naître du bien d’une épreuve grave, celle-ci est vécue la plupart du temps comme un mal.
C’est pourquoi il faut être prudent quand on parle de la volonté et de la toute-puissance de Dieu à une personne souffrante. Autant quelqu’un qui a traversé positivement une épreuve peut témoigner que celle-ci a été une grâce pour lui, s’exprimant après cet événement et à la première personne, autant il est insupportable de déclarer d’emblée et pour un autre que, par exemple, telle maladie est une grâce que Dieu lui enverrait. Si l’on est plus vigilant aujourd’hui à ce propos, il reste que dans un imaginaire collectif largement partagé, les épreuves sont dites envoyées par Dieu ou, tout au moins, permises alors qu’il aurait pu nous les éviter. En outre, à certaines époques, la souffrance a été présentée comme un bien à rechercher, comme une preuve d’amour de Dieu pour nous, un moyen d’obtenir le pardon. Comme si le salut devait être mérité et payé  (4)! C’est pourquoi il existe souvent un climat dramatique de culpabilité ou de victimisation autour de l’épreuve : ou bien je crie comme Job que je suis victime d’une injustice (« qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu… ») ou bien je reproche au Dieu tout-puissant de ne pas être amour, de ne pas être fidèle à sa parole ou d’être incompréhensible. Pour certains alors, l’épreuve marque le basculement dans un refus définitif de Dieu, dans l’agnosticisme ou dans l’athéisme.
Cette épreuve est aussi bouleversante pour les chrétiens que pour les autres. Car ils n’ont pas d’explication à l’énigme du mal et la souffrance n’a pas de valeur en soi. La Bible ne dit pas pourquoi il y a du mal, elle constate qu’il existe du mal et que l’homme use souvent maladroitement de sa liberté face à la tentation. Elle disculpe Dieu comme origine du mal, mais elle les laisse fasse à ce mystère insondable dont ils n’auront pas la réponse ici-bas. Pourtant, si les chrétiens n’apportent pas d’explication au mal, ils ont une réponse aux conséquences de ce mal (que celui-ci vienne de l’homme ou de la nature), ce sont les attitudes de compassion, de solidarité, de justice, de proximité aimante. Ces réponses, ils les trouvent en Dieu lui-même, un Dieu qui se nomme amour et ne laisse personne sans sa grâce.

Quelle toute-puissance de Dieu ?

 Dans quel sens la comprendre ? Sans doute peut-on parler de la toute-puissance de Dieu dans le sens que Celui-ci est à l’origine de toute vie et qu’Il la maintient dans l’être, dans une création continue. En outre, nous croyons qu’Il récapitulera toute chose à la fin des temps (Colossiens 1). Mais, en ce temps qui est celui de notre histoire, sa toute-puissance s’incline devant la liberté humaine et les lois d’une nature qui est en évolution constante. Dieu ne manipule pas les événements et n’envoie pas bonheur et malheur plus ou moins arbitrairement sur les uns et les autres, récompensant ou punissant les générations au fil des ans. Ce n’est pas ce Dieu-là que Jésus-Christ est venu révéler. La première guérison dont ont besoin nombre de chrétiens écrasés par leur fragilité, c’est celle de leurs représentations de Dieu, qui les coupent de lui au moment où ils ont le plus besoin de sa proximité.

Dès la Genèse, nous voyons que Dieu s’inquiète de la disparition d’Adam qui cache sa honte après avoir tenté de prendre sa place. Ce Dieu qui nous cherche, qui vient sans cesse à nous qui sommes parfois fascinés par le mal et par notre péché n’intervient pas avec toute-puissance. Il frappe à la porte et il attend notre réponse (cf. Apocalypse 3,20). Cela ne signifie pas pour autant qu’il est impuissant, mais il ne peut que s’offrir, ne nous privant jamais de sa grâce, et nous demande de collaborer librement avec lui dans le salut et la libération qu’il nous apporte. Le sommet de ce salut et de cette libération, pour les chrétiens, c’est son Fils lui-même qui l’a apporté en vivant totalement notre réalité humaine. Le visage de Dieu qui s’est ainsi révélé en Jésus-Christ est celui de la vulnérabilité.
Nous avons sans doute expérimenté que, dans la vie, le plus difficile ce n’est pas tant d’aimer, que de se laisser aimer. Il y a tant de résistances en nous à accepter l’amour des autres, tant d’images négatives que nous portons de façon plus ou moins consciente, tant d’obstacle à accueillir la tendresse sans chercher à la mériter. C’est pareil vis-à-vis de Dieu, d’où notre difficulté à le louer devant l’émerveillement du don gratuit de notre vie.

C’est pourquoi, personne ne peut rendre un autre heureux. Nous ne pouvons qu’offrir ce que nous pensons être le meilleur pour l’autre, mais la réception de notre amour ne dépend pas de nous. C’est la vulnérabilité que vivent les conjoints, les parents, les soignants, les proches des personnes en grande souffrance psychique… C’est aussi la vulnérabilité de notre Dieu. Que pouvait-il nous donner comme preuve supplémentaire d’amour en plus de sa vie livrée et du pardon à ses bourreaux ? La Bonne nouvelle est que, même si nous expérimentons encore aujourd’hui bien des souffrances, le péché, le mal et la mort n’auront pas le dernier mot. Déjà, le salut nous est donné. A nous de l’accueillir et d’en vivre, à nous d’accepter d’être aimés à ce point, à nous de consentir à nous laisser aimer malgré toutes nos résistances et nos limites. Alors, la puissance guérissante de Dieu se libère en nous et son Esprit peut nous renouveler de fond en comble.

 La responsabilité de l’Eglise

C’est ici que vient l’Eglise en tant que communauté fraternelle invitée à donner la première place aux plus fragiles (5). Au cœur de nos combats intérieurs et de nos doutes au moment de la souffrance, nous avons besoin à un moment ou un autre de compagnons de route, de frères et de sœurs qui cheminent avec nous dans la tendresse, s'engagent avec nous pour notre libération ou notre réconciliation. C’est le cas de l’entraide entre les parents de personnes en souffrance psychique. De même, quand j’interviens pour la pastorale de la santé, je suis toujours impressionné par la fidélité, la créativité, la disponibilité des chrétiens qui donnent de leur temps aux plus isolés, que ce soit les familles des personnes en difficulté ou les visiteurs de malades et les aumôniers. Ils offrent ainsi une icône de la tendresse du Père qui entend le cri du pauvre. On le rencontre aussi dans les nouvelles communautés ecclésiales qui mettent l’accent sur l’accueil des exclus et sur les charismes de compassion et d’intercession.  Mais j’ajoute aussitôt que l’Esprit est à l’œuvre dans tous les cœurs de bonne volonté, car j’ai rencontré, chez les soignants que je forme, énormément de dévouement dans des conditions de travail de plus en plus précaires. Comme le dit saint Jean : « Là où est l’amour, Dieu est présent » (1 Jean 14,16).
Enfin, n’oublions pas le secours qu’apportent la liturgie et les sacrements, particulièrement ceux de l’eucharistie, de l’onction des malades et de la réconciliation, qui peuvent aussi être des moments de prière communautaire de grande importance.

Fécondité de l’expérience de la fragilité

Il faut reconnaître à tout être humain le droit d’être fragile, sans pour autant l’encourager à s’identifier à sa fragilité comme dans un alibi.  Il ne s’agit pas ici seulement du souci de protéger ceux  qui ont moins de défense dans une société où domine la performance.
C’est aussi parce que nous avons éprouvé jusque dans notre propre chair l’enrichissement qu’apportent ceux qui sont plus fragiles. Leur façon différente d’approcher la vie, et de nous en parler, la manière dont l’épreuve les a parfois ramenés à l’essentiel, leur permettent de susciter le meilleur en nous, même si c’est parfois au terme d’un combat avec ce qui est le plus obscur en nous car le découragement nous guette. Souvent, ils nous humanisent et nous invitent à visiter notre fragilité,  ils nous révèlent notre propre vérité, avec nos richesses et nos limites face à l’épreuve. Nous y touchons la vérité dont le Christ dit qu’elle nous rendra libres et féconds.
Par ailleurs, nous pouvons nous réjouir d’avoir tous, à un degré ou un autre, une part de fragilité en nous. C’est elle qui fait de nous des êtres de relation. L’expérience de la fragilité reste fondatrice en anthropologie chrétienne. C’est ainsi que nous prenons conscience que nous ne sommes que des créatures, que nous ne sommes pas Dieu, que nous avons besoin des autres. Cependant, nous sommes parfois tentés de prendre la place de Dieu, de jouer au sauveur. En effet, nous ne nous engagerions pas à aider les autres  si nous n’avions pas envie de les libérer de leur souffrance, ou tout au moins de les apaiser. Tentés par la toute-puissance, nous faisons cependant l’expérience de notre propre fragilité et parfois de notre impuissance à soulager.
Alors, nous devons bien reconnaître que nous sommes des êtres en devenir, c’est-à-dire avec des espaces de fragilité qui sont différents selon les âges de la vie. La première fragilité est celle du nourrisson, déjà précédée par celle de l’embryon, du fœtus. Ensuite, il y a les étapes de notre vie, de l’adolescence à la vieillesse, où, découvrant nos limites, nous prenons conscience d’autres richesses en nous, de ressources profondes dans lesquelles le renoncement à la toute-puissance d’une réussite personnelle nous invite à puiser.  Nous découvrons alors qui nous sommes vraiment, des enfants bien-aimés de Dieu qui ne sont jamais abandonnés à leur solitude ni identifiés avec leur limite ou avec leur péché.

C’est alors aussi que l’expérience de la fragilité – en nous ou dans notre entourage - devient une réelle occasion de vivre une démarche spirituelle. Nul, s’il n’est comme un enfant, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, nous dit le Christ. Nous expérimentons à la fois la paternité maternelle de Dieu et l’universalité de la fraternité humaine dans l’épreuve. Car il existe une solidarité bouleversante entre les souffrants ou ceux qui ont traversé des grandes épreuves. Transformés par celle-ci, si elles ont pu être vécues positivement, ils découvrent alors une fécondité humaine et parfois spirituelle qui font d’eux des lumières pour leur entourage. C’est vers ceux qui ont traversé la fragilité que se tournent les enfants, les personnes handicapées, ceux qui sont dépressifs. Car il y a un feu et une source dans le cœur de ceux et celles qui, ayant subi l’épreuve les yeux fixés sur le Christ, ont appris de lui le consentement à la réalité et la gratuité de l’amour. Ainsi humanisés en profondeur et donc transfigurés, ils deviennent des signes vivants que c’est l’amour qui aura le dernier mot. En effet, la fragilité nous invite à accepter : nous accepter, accepter la vie, nous entraider dans l’épreuve.
Les personnes fragiles nous invitent à les aimer dans leur fragilité et au-delà de leur fragilité, à accepter le don d’amour qu’ils nous font en nous invitant à nous ouvrir à cette dimension de l’Amour de Dieu, un Amour  sans attente, un simple don dans la démaîtrise. C’est ainsi que la compassion se transforme en espérance….
Je voudrais terminer en disant qu’accueillir le salut, c’est accepter de se laisser aimer par notre Dieu quelque soit l’image négative que nous entretenons parfois de nous-mêmes. Nous sommes ses bien-aimés. Le Christ ne nous envoie pas seulement nous aimer les uns les autres, il nous demande : « Me fais-tu confiance ? Acceptes-tu de te laisser aimer par moi ? »… et alors jaillit la louange.

Bernard Ugeux
 
notes :

  1. Cité par Lytta Basset , La Chair et le souffle, vol. 2,  n°1 (2007) , La compassion, p. 67. 
  2.   Is 30, 19b-20 : « Tu ne pleureras plus. Quand tu crieras il te fera grâce. A peine aura-t-il entendu qu’il aura répondu. (…) Tes oreilles entendront la voix qui dira derrière toi (…) » voici le chemin, prends-le ».  » Is 41, 17 : « Les humiliés et les indigents qui cherchent l’eau, mais vainement, et dont la langue sèche de soif, moi, le Dieu d’Israël, je leur répondrai (…) je ne les abandonnerai pas ». Les psaumes 33 et  85, 5-7 nous disent que Dieu entend et répond au cri des petits.
  3. Cette partie de mon exposé est tirée de ma conférence au Colloque Fragilités interdites ? de l’Arche de Jean Vanier et de l’ISTR, des 24-26 janvier 09 à Toulouse. Les actes du colloque paraîtront chez Albin-Michel.
  4.   Pourtant, le Christ dit bien « Venez à moi vous tous qui peinez et je vous soulagerai…. » cf. Matthieu 11,28).
  5.   Je ne m’étends pas ici sur tout l’enseignement social de l’Eglise ni sur ses nombreuses prises de position en faveur des plus fragiles de nos sociétés.

 Père Bernard Ugeux
théologien et anthropologue, professeur à la Faculté de Théologie de Toulouse, auteur de « Traverser nos fragilités » 

Recherche

Où sommes-nous ?

carte google

Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais

Livre de Josué (1, 1.5b ; 6-9)

Après la mort de Moïse, serviteur de
Yahvé, Yahvé parla à Josué, fils de Nûn,
l’auxiliaire de Moïse, et lui dit (…):
« Je serai avec toi comme j’ai été avec
Moïse, je ne t’abandonnerai point ni ne
te délaisserai. (…)
Sois fort et tiens bon, car c’est toi
qui vas mettre ce peuple en possession
du pays que j’ai juré à ses pères de lui
donner.
Seulement, sois fort et tiens très
bon pour veiller à agir selon toute la
Loi
que mon serviteur Moïse t’a
prescrite.
Ne t’en écarte ni à droite ni à gauche,
afin de réussir dans toutes
tes démarches.
*Que le livre de cette Loi soit toujours sur
tes lèvres : médite le jour et nuit afin de
veiller à agir selon tout ce qui y est écrit.
C’est alors que tu seras heureux dans
tes entreprises et réussiras. Ne t'ai-je
pas donné cet ordre : sois fort et tiens
bon ! Sois sans crainte ni frayeur, car
Yahvé ton Dieu est avec toi dans toutes
tes démarches. »

 

« Le coeur de l'homme est compliqué et malade ! Qui peut le connaître ? Moi le Seigneur, qui pénètre les coeurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon ses actes, selon les fruits qu'il porte »

du Livre de Jérémie

Vous pourrez trouver

des conférences, témoignages et méditations dans les buletins d'information de Relais “Le Lien” .

 Pour vous recevoir chaque semestre pendant un an "Le Lien",

Relais Lumière Espérance

90, avenue de Suffren

75738 Paris Cedex 15

« Le mieux est de remettre toutes choses entre les mains du bon Dieu et d'attendre les événements dans le calme et l'abandon à sa volonté.

C'est ce que je vais m'efforcer de faire. »

de la Bse Zélie Martin (face à une appréhension)