Agnès AUSCHITZKA
La Croix

Agnès AUSCHITZKA  a écrit un article sur la question du logement des malades psychiques et une vidéo d'un de ces malades, un  de ces cousins éloignés qu’elle aime beaucoup.
C'est l'occasion de mieux faire connaître la souffrance et les difficultés de ces personnes que la maladie handicape et celle de leurs proches. Un sujet qui nous tient à cœur...
C'est cette connaissance qui permettra à la société d'être davantage hospitalière à l'égard de ces personnes en souffrance, et d'apporter l'aide  dont ils ont besoin pour habiter avec nous la cité.

Extrait :

Il lui faut des anges gardiens
« Mon neveu vit dans un appartement acquis par ses parents il y a quelques années dans la région parisienne. Âgé de plus de 40 ans, sa schizophrénie l’empêche de travailler. Toute continuité lui est impossible et l’addiction à l’alcool le fragilise, tant au niveau de sa santé que de son autonomie. Autrement dit, la somme qu’il reçoit chaque semaine de son curateur part trop souvent en packs de bière…
Il faut donc, outre ses parents, des anges gardiens pour différentes opérations de dépannage – remplir le frigo ou le placard – et pour assurer une présence et une vigilance régulières. Marc dispose des moyens de communication et d’information comme le téléphone, la télévision. Ceux-ci, essentiels pour lui, sont hors de son budget et pris en charge par ses parents. Je suis convaincu que l’autonomie de Marc et le fait qu’il tienne debout dépendent largement de sa possibilité de vivre dans son logement. Ce qui ne serait pas possible sans le réseau familial dont il bénéficie. En effet, pour vivre chez soi, encore faut-il pouvoir tenir son logement
dans un état acceptable, en assurant sa propreté, sa mise en ordre, l’entretien des appareils ménagers, les tâches ménagères (lessive, ménage, courses, etc.). Et c’est bien à ce niveau que les dérapages surviennent du fait de sa maladie. D’où les aides multiples qu’il faut lui apporter, en les adaptant constamment aux conséquences de l’évolution imprévisible de son état psychique : il peut s’agir d’un grand nettoyage, de l’intervention ponctuelle d’une aide ménagère, d’une réparation, d’un changement de literie, etc. Sans cette aide de proximité, il lui serait impossible de rester dans son logement. Garder ce logement habitable est le seul moyen pour que son goût et le désir de vivre chez lui l’habitent. Seule façon aussi d’accueillir ceux qui veillent et de rendre possibles les visites de sa fille dont il se trouve éloigné par nécessité. »

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Dossier paru dans La CROIX du 25 mars 2009  Ecrire pour en obtenir une copie …..
Site internet : http://www.la-croix.com

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