au cours de la messe de la rencontre nationale de Relais Lumière Espérance le 15 févier 2014

140312 RN2014 027 3A la fin de notre rencontre nationale Mgr Michel Guyard a célébré une messe accompagné de prêtres et Diacres permanents, conseillers spirituels de groupe Relais Lumière Espérance.

Au cours de cette messe il a prononcé une homélie relative aux textes liturgiques du dimanche 16 février, à savoir :

  • 1ere lecture : livre de Ben Sirac le Sage 15, 15-20,
  • 2ème lecture : 1ere lettre de Saint Paul aux Corinthiens 2, 6-10,
  • Evangile selon Saint Mathieu 5, 17-37,

Ecouter l’Homélie :

 Que nous dit Ben Sirac le sage :

Il nous dit que Dieu nous a crée libres, qu’il nous propose un chemin de vie qui est celui des commandements et qui se résume dans l’amour des autres. Nous avons la possibilité de choisir ce chemin ou au contraire de prendre celui de la mort, celui du refus d’aimer.

Mais Dieu n’est pas l’auteur du Mal, ni de la mort, nous y sommes revenus tout à l’heure dans un atelier. Dieu ne fait pas le Mal ; seulement il nous a donné cette liberté, à son image, de choisir ou la Vie ou la mort.

Alors, bien sûr, on dira que cette liberté est exposée au Mal, c’est sûr, mais même dans le cas où nous y tombons, nous avons toujours la possibilité de revenir en arrière et de reprendre la route de la Vie, c’est cela le visage de notre liberté.

Il n’y a pas de fatalité pour le croyant : nous avons toujours cette liberté de « rechoisir » le Bien si nous sommes atteints par le Mal. Quand Jésus est venu rejoindre notre humanité, il nous a donné la force de lutter contre cette puissance du Mal par le don de son Esprit Saint.

Autrement dit, le constat de nos manques d’amour, de nos fragilités, de nos faiblesses, ne peut être cause de découragement ou de considérer que c’est fatal.

Le désir profond de toujours mieux aimer et prendre ainsi le chemin de la Vie nous conduit, non seulement à ne pas douter de l’Amour de Dieu à notre égard, mais au contraire à recourir à lui pour trouver la force de mener nos combats.

Dans cette perspective de Foi, et j’atteste que c’est celle de beaucoup d’entre vous, vous savez que l’apparente absence de Dieu ne vous empêche pas aussi d’éprouver sa présence discrète à vos cotés.

Nous le redisions tout à l’heure, l’histoire de notre Foi est une histoire que se vit au long des jours et des années et il est bon, de temps en temps, de relire cette histoire pour savoir qu’au-delà des périodes de doute, d’incertitude, de révolte, nous y discernons la présence d’Amour du Seigneur.

Oui Dieu ne nous a pas donné la liberté pour nous piéger ou même pour nous commander, il nous donné de participer à sa propre liberté et d’en faire l’objectif de notre vie. Il nous accompagne sur ce chemin.

Que nous dit Saint Paul dans la deuxième lecture :

Les chrétiens proclament la sagesse de Dieu qui s’oppose à la sagesse du monde.

La sagesse du monde c’est de n’avoir d’autre horizon que celui de notre existence terrestre et pour seul objectif que l’univers matériel qui nous occupe et qui risque de nous y enfermer.

La sagesse de Dieu c’est son projet de salut pour tous les hommes, le bonheur vient comme l’accomplissement du chemin de l’amour des autres qu’il nous a proposé comme chemin de vie.

Le Royaume se construit sur cette terre dans le quotidien de nos vies quand nous donnons leur vrai sens aux événements, quand nous sommes capables de discerner l’enjeu profond de ce que nous avons à vivre, c'est-à-dire à travers notre respect de la dignité humaine, dans nos respects de la protection des plus faibles, dans notre combat pour la justice.

Le Pape Jean-Paul II aimait parler de la civilisation de l’Amour.

Vivre selon la sagesse de Dieu c’est :

-  voir au-delà des apparences l’Amour qui s’exprime au cœur des situations les plus inattendues, ces étincelles qui jaillissent alors que l’on croit que tout est perdu, ces réconciliations rendues possibles. Je sais par les témoignages que vous exprimez souvent que beaucoup d’entre vous consomment à ce rappel prophétique «  l’homme regarde le visage, le Seigneur regarde le cœur »

-  lui faire confiance comme Jésus y invitait ses apôtres quand ils avaient peur de périr dans la tempête.

-  lui ouvrir un espace pour qu’il puisse le remplir de sa présence quand on a assumé toutes ses responsabilités humaines. La Foi ne consiste pas à laisser agir Dieu, la Foi consiste à croire que Dieu agit avec nous quand nous avons pris toutes nos responsabilités humaines.

-  consentir à porter sa croix non comme un signe de mort ou de désespérance mais comme celui de la résurrection qu’il annonce.

140312 RN2014 IMG 0186RLà, j’ajouterai, cela est venu dans un des ateliers tout à l’heure, à propos de cette belle banderole, je disais : chaque fois que nous récitons le « je crois en Dieu », ce que nous allons faire dans un instant, nous disons que Jésus est descendu en Enfer.

Il n’est pas descendu en Enfer, il est descendu dans les enfers, c'est-à-dire dans les situations les plus inhumaines de notre condition humaine.

Il est venu rejoindre ces zones les plus sombres de la vie qui sont représentées par ces sortes de barbelés au fond en bas de la banderole et justement, selon l’éducation que l’on nous a donnée, on aurait pu faire des barbelés rouillés, noirs, avec des pointes crochues, qui montrent précisément le pire de ce que l’homme peut vivre.

Eh bien oui, Jésus est venu rejoindre nos barbelés pour les transformer en résurrection et ses barbelés sont des branches sur lesquelles se posent des oiseaux, belle image de notre Foi dans laquelle nous croyons en un Dieu qui précisément est venu rejoindre nos misères pour les ressusciter.

 Enfin que nous dit l’Evangile :

Jésus invite ses disciples à aller au-delà de l’application formelle de la Loi. Etre juste ne consiste pas à appliquer un règlement, c’est être ajusté à Dieu c'est-à-dire ajusté à son Amour.

Les pharisiens se contentaient de l’application d’un règlement sans amour dont ils tiraient d’ailleurs leur propre justification pour être sauvés. Alors Jésus a voulu que le fondement de la Loi soit l’Amour de Dieu. Il le précise par des exemples qui montrent que le registre de l’amour des autres n’a pas de limite parce qu’il engage la totalité de l’être. On n’est plus sur le registre de la règle à observer mais sur celui de la délicatesse du cœur. Et là il n’y a pas de faux fuyants, de demie vérité : «  Quand vous dîtes Oui, que ce soit Oui, quand vous dîtes Non que ce soit Non ».

Je pense qu’un certain nombre d’entre vous, dans vos relations amicales, sociales et parfois familiales, souffrent du manque de délicatesse du cœur de la part de personnes qui vous manifestent une sympathie de facade.

Je souhaite au moins qu’entre vous et les groupes Relais en sont un support essentiel vous puissiez partager cette délicatesse du cœur qui détermine l’essentiel de vos relations avec vos proches et avec les autres.

Je souhaite encore plus que, par votre présence active dans les communautés chrétiennes auxquelles vous appartenez, vous apportiez le témoignage que seul l’amour, l’attention sincère et fraternelle aux personnes comme elles sont, telles qu’elles sont, toutes aimées de Dieu, construise en vérité la civilisation de l’Amour.

Télécharger le texte de l’homélie

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais