Lors de la rencontre organisée par le Groupe RELAIS LUMIIERE ESPERANCE de Metz le 9 janvier 2015, Marie-Thérèse JELOCHA , médecin et coordinatrice d’un Gem, a accepté d’introduire le partage de l’après-midi sur le thème : Qu’est-ce que l’autre pour le malade ? Voici quelques notes prises lors de son exposé.

A partir de son vécu de mère de famille, il est évident que cette question recouvre bien des situations. Il n’y a pas d’uniformité. Celles-ci portent le sceau de la maladie psychique se caractérisant par le fait que les compétences intellectuelles sont conservées, mais ne sont pas ou mal utilisées. Par ailleurs, il existe des variations dans le temps. Ces réserves énoncées, M.T. Jélocha évoque les très différents types de relation. Ceci va ouvrir un large débat empathique et fructueux.  

Les différents types de relation :

La relation à soi-même par rapport à la maladie, aux médicaments. L’image négative de sa personne, la négligence corporelle, l’indifférence sanitaire, la prise de poids due aux antipsychotiques.

La relation à ses proches : elle peut être trop proche ou trop distante, en particulier par refus de communication. Les témoignages sont nombreux, décrivant ces modifications quand la maladie s’installe. Il faut faire attention à toutes les situations pour éviter des réactions négatives. Par exemple, les invitations des enfants ou petits- enfants se font en alternance pour éviter des conflits : « mon frère ne m’embrasse plus. » « il n’a pas de contact avec ses petits-neveux. »

La relation dans un couple. Il y a beaucoup de complications : souvent séparation difficile aggravant la symptomatologie et entrainant une hospitalisation.

La relation avec leurs enfants : culpabilité de ne pas pouvoir suivre leur éducation.

Les relations avec la société et relations élargies : elles se développent souvent dans l’interprétation. Le regard d’autrui peut avoir un effet dévastateur. Les GEM apparaissent comme des lieux sécures où des relations se renouent. Il serait important que cette problématique soit expliquée dans un livret d’accueil à l’usage des personnels municipaux.

Relation vis-à-vis de Dieu. Marie-Thérèse souligne que, dans son entourage, des malades sont très proches de Dieu, mais à leur manière. Leurs besoins spirituels sont peu connus. Il existe une recherche de spiritualité pouvant conduire à un vagabondage spirituel. Pour Lisbeth, « Dans cet enfer terrestre, il ne reste que la prière. ». Cette énorme souffrance qui les conduit à demander l’euthanasie. Certains écoutent le chapelet sur Radio Jéricho.

J.P. Méaux a constaté de multiples aspects de la vie spirituelle des personnes malades psychiques, y compris dans les formes pathologiques qui manifestent l’action du démon.

Comment compatir à la souffrance affective : « Je suis le vilain petit canard de la famille », « je voudrais tenir une femme dans mes bras et avoir des enfants comme mes frères et sœurs ».

Partage douloureux, pouvez-vous penser. Certes. C’est l’importance d’un groupe RLE de pouvoir exprimer ce qui n’est pas ou peu partageable avec la famille ou les autres.

Le cheminement que l’on peut faire avec le malade psychique réside dans la découverte de l’autre ; pas seulement la compétence à échanges avec une personne, mais la découverte de l’altérité, l’autre comme nous-même, mais aussi comme mystère humain. D’où l’importance d’un coach spirituel pour J.P. Méaux, et de la rencontre de témoin pour Philippe Hoffman.

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais