Une bonne vingtaine de personnes des trois groupes RELAIS que comptent les Yvelines (St Quentin-en-Yvelines, Versailles et Boucle-de-la-Seine), est venue chercher le samedi 26 juin à la Basilique de Longpont, dans l’Essonne : de l’élan pour traverser la déshérence estivale, de la force pour assumer la vie au quotidien auprès de leur(s) proche(s) malade(s) psychique(s).

« On fortifie sa foi en la partageant avec les autres. » Jean-Paul II

L’année de RELAIS d’Amitié et de Prière est jalonnée de temps forts : réunions, rencontres nationales, conférences… et elle comporte aussi un temps de « désert » : les 3 mois d’été où toute activité cesse, où beaucoup se dispersent…Il faut attendre bien après la rentrée scolaire pour que les groupes se reforment.

Comment traverser cette période dans les meilleures conditions spirituelles ?

-           C’est comme à bicyclette : il faut prendre de l’élan !

Voilà ce que la bonne vingtaine de personnes des trois groupes RELAIS que comptent les Yvelines (St Quentin-en-Yvelines, Versailles et Boucle-de-la-Seine), est venue chercher  le samedi 26 juin à la Basilique de Longpont, dans l’Essonne : de l’élan pour traverser la déshérence estivale, de la force pour assumer la vie au quotidien auprès de leur(s) proche(s) malade(s) psychique(s).

« On fortifie sa foi en la partageant avec les autres. » Jean-Paul II

 

Au matin de cette belle journée du 26 juin, nous commençons par partager une marche priante qui nous conduit, à travers les marais (drainés et aménagés en parc !) de l’Orge et de la Boële, vers la Basilique. Dans ces parages, en effet, débute l’histoire de Longpont :

On raconte que des bûcherons gaulois auraient découvert, dans un chêne creux , une statue de bois représentant une femme avec un enfant dans les bras, accompagnée d’une inscription latine : « Virgini pariturae » (A la Vierge qui va enfanter). Les druides auraient commencé à vénérer cette image de la déesse mère, dans ces lieux mêmes.

Au IIIème siècle, St Denis, venant de Rome (pour devenir le 1er évêque de Lutèce) avec son compagnon St Yon, passe par le long pont qui permet de traverser la zone marécageuse de cette contrée. Découvrant cette vénération déjà ancienne, ils expliquent aux druides comment la prophétie sur la Vierge s’était enfin réalisée. Sans la connaître, les Gaulois rendaient hommage, au bord de l’Orge, à la Vierge Marie, mère du Sauveur.

St Yon, resté sur place, évangélisera toute la région.

Avant de repartir vers Lutèce, St Denis aurait laissé à Longpont une précieuse relique : Un morceau du voile de la Vierge. Une statue et une relique seraient donc à l’origine du sanctuaire de Notre-Dame de Longpont.

 

Vers 9h 30, nous atteignons le parvis de la Basilique où nous accueillent les pèlerins de notre collectif qui n’ont pas eu le loisir de pouvoir nous rejoindre au long des sentiers, en bordure de plans d’eau bucoliques. Nous nous trouvons alors devant le portail central du XIIIème siècle.

Malheureusement, ce portail a été mutilé par les troubles des guerres de religion en 1562. La Vierge du trumeau demeure remarquable : elle accueille les pèlerins et offre son Fils pour le salut du monde.

Aux environs de 10h, le père Frédéric Gatineau, recteur de la Basilique, féru d’histoire, nous entraîne dans le sanctuaire, pour une visite commentée de 90mn, passionnante !

La  nef où nous nous trouvons a été édifiée en l’an 1031(dans 21 ans, jubilé du millénaire !), sur le site du 1er sanctuaire druidique christianisé, à l’initiative d’Hodierne, épouse du Seigneur de Montlhéry (à 2,5 km de Longpont).

La pierre tombale de cette noble et pieuse dame est située en haut des travées, près du chœur.

On dit qu’Hodierne aurait participé personnellement aux travaux de construction en apportant de l’eau aux maçons. Dans un souci d’efficacité, elle demande au forgeron local de lui fournir une barre de fer qui l’aiderait à mieux porter les seaux. Le forgeron retors, influencé par sa méchante femme, donne à Hodierne une barre rougie au feu. Hodierne est épargnée de toute brûlure. Le fer miraculeux sera transformé en croix: « la Croix Rouge Fer », aujourd’hui conservée au fond de la Basilique.

Les 3 protagonistes, Hodierne, le forgeron et la mégère ont été représentés, sculptés dans la pierre, sur des culots, à la retombée des voûtes de la 2ème travée de la nef.

Dès 1061, 22 moines de Cluny sont présents à Ste-Marie de Longpont: les premiers clunisiens de la région parisienne. Un grand prieuré, richement doté par les rois et seigneurs locaux, sera bâti a partir du 11ème siècle. Il  constituera une étape importante pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle.

Vendus en 1791 comme bien national, les bâtiments vont être progressivement démolis.

Aujourd’hui, il ne reste que la nef de l’église priorale (l’actuelle basilique), le chœur et le transept, détruits en 1819, ont été reconstruits 1875 et 1878. A partir de cette époque, l’église de Longpont redevient le plus grand lieu de pèlerinage marial de l’Ile-de-France.

Elle est érigée au rang de basilique en 1913.

En 1969, Notre Dame de Bonne Garde est proclamée patronne du nouveau diocèse de Corbeil-Essonnes.

La présence d’une collection importante de reliques à Longpont, est attestée depuis 1130.

Les riches reliquaires qui présentaient les anciennes reliques ont été volés et fondus à la Révolution. Les bustes, chasses et médaillons actuels sont des objets en bois doré du 19ème siècle mais beaucoup des 1500 reliques qu’ils abritent ont traversées les périodes de troubles révolutionnaires cachées dans des tonneaux (sur lesquels les prêtres réfractaires célébraient la messe).

Au sein des armoires à reliques, monumentales, que notre guide ouvre pour nous, nous découvrons la relique principale du voile de la Vierge entourée de celles d’un grand nombre des saints les plus connus de l’histoire de l’église: les saints apôtres, les premiers saints martyrs…les docteurs, les pasteurs, les fondateurs, les missionnaires, les vierges, les saints locaux… notons, parmi cette auguste assemblée, la présence du saint patron des malades psychiques: Saint MATTHIAS.

Nos esprits modernes, pour la plupart, peinent à adhérer à cette ancienne dévotion aux reliques des saints. Le père Gatineau nous rappelle, qu’au-delà de l’aspect  qui pourrait nous paraître « morbide » de ce culte, il convient de considérer que les saints, nos frères et sœurs dans la foi, ont vécu pleinement de la Vie même de Dieu et c’est de cela dont nous voulons nous souvenir et que nous désirons honorer en invoquant leurs prières pour nous, pèlerins toujours en chemin.

Il est bientôt midi, et nous nous dirigeons vers l’abside où trône la statue couronnée, polychrome, de Notre Dame de Bonne Garde qui nous présente son Fils, le Roi de l’univers.

Son visage est doux et bienveillant. Le vocable sous lequel est vénérée, ici, notre Mère à tous:

« N.D. de Bonne Garde »nous renvoie irrésistiblement à N.D. de la Garde de Marseille.

En effet, il existe, en France, quelques églises sous ces vocables, situées toutes à proximité des côtes: destinées à la sauvegarde des équipages en mer. Mais Longpont est loin de la mer!

Certes, cependant la Basilique de Notre-Dame de Bonne Garde de Longpont-sur-Orge doit son vocable à la gratitude d’un chevalier de la région, sauvé d’un naufrage en Méditerranée, au retour de croisade, grâce à ses prières exaucées, adressées à N.D. de Longpont!

La partie basse des murs de l’abside est recouverte d’ex-voto.  Plus haut, des peintures murales, réalisées au début du 20ème siècle, représentent les principaux personnages qui ont participé à la renommée de Longpont: (de droite à gauche) Anne de Bretagne, Hodierne de Montlhéry, St Bernard, pèlerin de Longpont, St Hugues, qui envoya ici les premiers moines depuis Cluny, St Yon premier évangélisateur de ces lieux, St Denis et un druide de Longpont,

St Louis et sa sœur, la bienheureuse Isabelle de France qui vinrent souvent à Longpont lors de leurs fréquents séjours à Montlhéry, Ste Jeanne de Valois, fille de Louis XI, fondatrice de l’ordre des Annonciades (dont un monastère existe encore non loin de Longpont, à Thiais) et St Jean-Marie Vianney, le St curé d’Ars qui, à défaut d’être venu jusqu’à Longpont, devint, en 1853, membre de la confrérie Notre-Dame-de-Bonne-Garde.

La voûte de l’abside déploie une scène paradisiaque où la nature qui entoure la basilique est largement représentée. Au centre, parmi les anges, une Vierge au chêne, ravissante, baignée du rayonnement de lumière émanant de son enfant qu’elle tient dans ses bras.

Il est midi, le père François Ripoche, conseiller spirituel du groupe Relais « Boucle de la Seine, » nous rejoint pour la célébration de la messe d’action de grâces des trois groupes des Yvelines, pour l’année Relais qui s’achève .

Le texte de l’Evangile lu en ce jour (Luc 9 51-62), rapporte la demande, à priori surprenante, de Jacques et Jean, adressée à Jésus, à la suite du refus d’un village de Samarie de recevoir, chez lui, le groupe de Juifs qu’ils forment, en chemin vers Jérusalem:

« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire? »(Luc 9.54)

La réponse de Jésus est sans appel:   « Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village. »(Luc 9.55)

Jésus poursuit avec détermination sa mission d’amour, de salut auprès des hommes: « Comme le temps approchait où il devait être enlevé de ce monde, Jésus prit résolument le chemin de Jérusalem. »(Luc 9 51)

Texte du Nouveau Testament en écho avec de nombreux textes de l’Ancien Testament comme celui d’Osée (11.1a,3-4, 8c-9):

« J’ai aimé Israël dès son enfance […] C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens de tendresse; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi: vais-je les livrer au châtiment? Non! […] Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme: au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

Dieu ne se rencontre nulle part  ailleurs que dans notre histoire concrète qu’il nous appartient de relire à la lumière de la Parole et sous la conduite de l’Esprit:

Nous pouvons facilement reconnaître dans les imprécations de Jacques et Jean contre les Samaritains inhospitaliers, dans l’indifférence d’Israël envers Dieu, nos propres impatiences, révoltes, rejets, agacements, exaspérations, surdités volontaires… et autres comportements agressifs à l’encontre de nos proches malades, à l’égard de certains de nos frères et sœurs d’humanité qu’il nous semble si difficile d’aimer.

Continuer à aimer dans ces conditions, c’est effectivement inhumain, ou plutôt extra-humain.

C’est « de l’humain accompli  » qui rejoint le divin!

Seul l’Amour de Dieu en nos cœurs nous fera progresser avec détermination sur ce chemin.

La Vierge Marie se tient à nos côtés, toujours prête à nous seconder sur cette voie vers la Lumière Divine.

A notre demande, Marie vient nous visiter, chacun, chacune, personnellement.

La Visitation peinte par sœur Joséphina, Japonaise, moniale au monastère international des dominicaines de Prouilhe (près de Carcassonne - monastère qui vient de célébrer ses 800 ans d‘existence!) visualise ce que notre Sainte Mère désire partager avec chacun d’entre nous lors de sa visite : son propre regard ! Sur la reproduction de cette œuvre, offerte à tous les participants en souvenir de cette journée mariale à Longpont, Marie se penche vers Elisabeth,

Et l’œil gauche de la Vierge se mêle à l’œil droit d’Elisabeth pour ne former qu’un seul et même œil.

Imaginons un instant le débordement de félicité que ce serait de pouvoir percevoir Dieu et ses créatures avec le regard de Marie!

- « Car c’est moi le Seigneur votre Dieu: vous vous sanctifierez donc pour être saints, car je suis saint. » Lv 11.44

- « Il nous a choisis en Lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour. » Ep 1.4

Les horloges biologiques s’affolent : certains sont au bord de l’inanition quand nous nous dirigeons enfin vers la maison paroissiale de Longpont à quelques pas de la Basilique où nous partageons un généreux pique-nique, au grand soleil de juin, confortablement installés autour de tables, assis sur de vraies chaises, dans l’herbe haute du jardin, ceint de vieux murs. Instants de détente et de pure amitié.

En début d’après-midi, le Dr Madelin, pédiatre et humaniste, soulève à notre intention, un coin du voile du no man’s land que constitue, pour la plupart d’entre nous, la pratique médicale :

La formation actuelle du corps médical conduit les praticiens à considérer le corps humain, comme un objet à réparer, à entretenir en tant que «  technicien ». Que ce corps appartienne à un sujet n’est que rarement pris en compte par la médecine contemporaine.

Les étudiants en médecine tendent à se spécialiser dans des domaines très pointus où ils deviennent des experts incontestables. Ils vivent alors dans le sentiment d’une maîtrise quasi exhaustive de leur science et technique, de leur art. Ce qui, bien sûr, est totalement illusoire et inadapté à la réalité des besoins des patients ; c’est ainsi que, progressivement, les médecins de famille généralistes disparaissent du paysage sanitaire et que les consultations des spécialistes connaissent une pléthore injustifiée. Le départ à la retraite des médecins généralistes qui n’ont pas de remplaçants, crée, en zone rurale, des territoires de déserts sanitaires tout à fait préjudiciables aux populations locales.

La psychiatrie, qui intéresse plus particulièrement l’auditoire, a connu à partir de la fin des années 70 un tournant décisif dans les traitements avec l’apparition de nouvelles molécules et également dans un changement considérable du mode de prise en charge des malades. Les grands hôpitaux psychiatriques tel que Clermont dans l’Oise (qui avait accueilli jusqu’à 4400 malades en 1940) voient leurs effectifs ramenés de plus de moitié grâce aux nouvelles orientations qui permettent aux patients de recevoir des soins à l’extérieur de l’hôpital. Hélas, les budgets trop restreints ne sont pas en mesure d’assurer pleinement la qualité de suivi ambitionnée par les réformes.

La formation et les fonctions des différents thérapeutes dans le domaine psychiatrique sont revisitées et précisées: psychiatre, neuro-psychiatre, psychanalyste freudien ou lacanien, psychologue…

Puis le Dr Madelin partage avec nous son expérience professionnelle et personnelle au travers de différents cas de malades traités ou simplement accompagnés au long cours.

 

Le débat est ouvert et chacun peut exprimer ses questions, faire part de ses expériences particulières. Nous vivons là un moment très animé et l’authenticité des témoignages émeut à bien des reprises.

 

Tea-time: une ultime collation réunit les participants autour de gâteaux-faits-maison.

Les échanges et commentaires vont bon train!

La journée  RELAIS inter-groupes des Yvelines 2010 est terminée.

VIVE la journée RELAIS inter-groupes 2011!

 

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais