Hautecombe Journée spirituelle régionale

le Dimanche 10 juin 2018

à l'Abbaye de Hautecombe 73310 Saint-Pierre-de-Curtille, rive ouest du lac.

Thème : Fragilité, impuissance, quelle Espérance sur notre chemin ?

Chacun a été invité à réfléchir avant la rencontre à ces questions.

 

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Cliquer pour écouter l'entretien du Père Gérard DANIERE

  Quelques réflexions  en introduction

L’espérance pour certains est une naïveté pour les illuminés ; il est indécent d’y croire. Il nous arrive de voir tout en noir, de nous désespérer de ce que nous voyons.

Que fait Dieu ? Il dort, il est absent ! La fragilité mobilise l’amour. La fragilité est une cause de souffrance, mais c’est aussi la brèche par où passe la vie. Dieu aime la condition humaine au point de l’avoir épousée.                    

Pour le chrétien, l'espérance est un moteur qui permet de jeter sur chaque événement, sur chaque être un regard renouvelé…  Chaque réalisation humaine porte le signe que Dieu est proche. Vivre dans l'espérance, c'est accepter l'angoisse et, en même temps, vivre dans la joie. Il y a une dynamique de l'espérance. Elle nous mobilise, nous fait avancer sans découragement. L'espérance se nourrit de la foi et la foi se vivifie dans l'espérance. En fait, espérance, foi, confiance et amour de Dieu se conjuguent pour nous permettre d'aller toujours plus loin. Et d'être, sereinement, dans la certitude que tout chemin mène au père.

« L'Espérance est une petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière. Qui joue encore avec le bonhomme Janvier. Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint. Et avec son bœuf et son âne en bois d'Allemagne. Peints. Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas. Puisqu'elles sont en bois. C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes. Cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, traversera les mondes révolus… »   

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912 

La foi chrétienne croit davantage à l’espérance responsable ; elle est celle qui croit que Dieu est là, et qu’il compte sur nous. Toute la Bible est une histoire de fragilité ; dans l’espérance, l’acte premier est de choisir la vie plutôt que la mort. 

Le Christ fragile est  notre espérance :

Quelques textes :

Philippiens 2, 6-11                                                                                                           

Paul reprend une hymne très ancienne. Jésus ne convoite rien, même ce qui lui revient : le rang de Dieu .Il est libre. Il a pris le chemin de la fragilité.   « Serviteur semblable aux êtres humains, reconnu comme un homme, il s’est humilié…Dieu nous rejoint dans nos fragilités. Il est avec nous (« Emmanuel » « Dieu avec nous »   dés la naissance). Tout au long de sa vie Jésus a été tenté : les 3 tentations au début de sa mission…  « Fais un miracle, et nous croirons ». Il sera tenté jusqu’à son dernier souffle : « Il en sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie, celui que Dieu a choisi ». Jésus a pris le chemin de la fragilité pour nous dire la « toute puissance » de l’Amour.

Luc 10, 25-37  Le bon samaritain

Une parabole est une histoire pour nous  transmettre un message. La question posée : qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir la vie éternelle, pour bien vivre, pour être heureux. Un prêtre et un lévite passent ; ce sont des religieux qui officient au temple de Jérusalem. Ils sont prisonniers de la loi.  Il est interdit à tout juif de toucher un blessé, ou un mort, sinon on devient impur et on ne peut aller au temple,  pour prier ou accomplir son service.  Ces deux   personnes sont prisonnières de la loi et  des commandements au point de ne pas faire attention à l’autre,  malade ou  blessé. Ils ont oublié l’ «Esprit »de la loi que Jésus est venu « accomplir » : l’Amour.                                                            Jésus donne comme modèle un Samaritain ; à l’époque le samaritain est un étranger et en plus il ne pratique pas la religion juive. Le samaritain  « a vraiment pitié » (remué intérieurement et  physiquement). Il entre dans la Compassion (« souffrir avec ») Non seulement, il est remué, mais il agit ;  d’abord seul, c’est l’urgence, puis il fait appel à d’autres et il assure le suivi.                                                                                       

Jésus est le samaritain … Dieu prend soin de chacun ; Jésus rencontre les malades, il guérit, il remet debout… Mais il n’a pas guérit tous les estropiés de son temps ; tous ces miracles sont des signes d’autre chose, de la vie restaurée dans ses liens de solidarité : Dieu est bien venu, il a fait alliance ; Il est fidèle, c’est là espérance.                                      

Il est aussi celui qui est sur le bord de la route : le blessé que tous abandonne au jardin des oliviers,  sur la croix…. Il est avec tous les blessés de la vie.

La résurrection Luc  24, 13-35

Les  disciples d’Emmaüs sont découragés et désespérés. Ils écoutent   la Parole  et particulièrement Celui qui est Parole de Dieu. L’Espérance renaît et se concrétise par la présence du ressuscité et la communion par le pain et le vin. Il disparaît, car nous entrons dans la foi. « A l’instant même » ils repartent porter la Bonne Nouvelle.                  

Dans nos vies, nous   vivons  la pâque. Notre vie est faite de passages, de traversées, de  fragilités, de souffrances, de morts.  Tout s’est écroulé ;  et sur la route, quelqu’un nous croise et fait un bout de chemin et la lumière revient … Je me souviens de vos récits  racontant le chemin avec vos enfants…                                                                                  

C’est là notre espérance. C’est le chemin parcouru par Jésus. Lui Dieu est  entré dans  la fragilité dés  sa naissance dans notre humanité ; il est passé par  la souffrance et  la mort, pour nous conduire à la résurrection. Le mot traduit du grec par « ressusciter »signifie d’abord « se relever », se remettre debout. Voilà notre Espérance ;

Matthieu 25, 31-46

La rencontre des plus fragiles, des plus pauvres est chemin vers Dieu. Le souci des plus fragiles est au cœur du Christianisme.

« J’étais malade et vous m’avez visité… » « …Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits,  qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » Le malade, le fragile, l’exclu… est chemin vers Dieu. Il est sacrement…

Dieu s’est fait fragile pour nous rejoindre sur nos routes, pour marcher avec nous sur les routes de la vie. Il nous dit la toute puissance de l’Amour. Il est Dieu  tout puissant en Amour. Il nous dit l’Espérance, au matin de Pâques.

                                                                                  Gérard Danière

Avec les groupes d'Aix-les-Bains, Annecy, Genève, Grenoble, Le Puy en Velay, Lyon, Moulins.

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Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais