Compte rendu des journées de Rencontre nationale des Responsables de Groupes :

Père Stéphane Joubert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Chantal Mougin

 

Le 27 septembre, sept nouveaux responsables de groupe se sont retrouvés pour une matinée de formation, rejoints l’après-midi par une trentaine d’autres responsables. Muriel et Hervé du Souich les ont aidés à réfléchir à la communication vers l’extérieur : discerner les opportunités de prendre la parole, prendre en compte la cible à laquelle on s’adresse (soignants, familles, Eglise, grand public, …), par quel moyen,  ce qu’on veut dire et ce qu’on en attend. Tout cela doit être cohérent. Les relations avec la presse ont notamment été développées pour en préciser les conditions et les erreurs à éviter. Le lendemain, Franck Piaton a présenté en détail le site de Relais Lumière Espérance.

Auparavant, nous avons prié avec Le Père Stéphane Joubert puis

Le Père Stéphane Joubert a commenté pour nous l’exhortation apostolique du Pape François « Soyez dans la joie et l’allégresse », nous montrant ce en quoi elle représente une véritable révolution.

urgent

Il y est rappelé que la sainteté est l’affaire de tous, qu’elle consiste à aller de l’avant sans se décourager ni s’arrêter en cours de route ; une route particulière à chacun, ce qui demande de discerner son propre chemin, celui où nous sommes le meilleur et où la force de l’Esprit rend possible d’avancer. Quand je me sens sans force, regarder le visage du Christ, lui montrer ma fragilité et demander son Esprit. Nous ne pouvons pas nous contenter de vivre avec des valeurs chrétiennes. Toutes les valeurs et les doctrines tomberont. Mais il s’agit d’accueillir la grâce du Christ et de la laisser couler en nous.

Le Seigneur nous guérit, réveille en nous la source vive purifiée par notre baptême et par le sacrifice du Christ. Il nous remet debout pour avancer plus loin et porter du fruit. Il s’agit de laisser notre vie fragile en contact avec la puissance de l’amour du Christ.

Etre chrétien n’est pas un élément de développement personnel ; c’est recevoir la grâce qui me comble, celle de naître à nouveau non pour la laisser dans mon cœur mais pour qu’elle coule et se communique. Comme je suis aimé, je dois aimer. Le scandale est de ne pas partager ce que nous avons reçu. Avons-nous pris le temps de nous laisser aimer, sauver par Dieu ?

Sauver signifie être missionnaire. Ce n’est pas une activité mais c’est l’intelligence de notre être appelé à rayonner. La sainteté que nous avons à vivre est l’amour inconditionnel du Seigneur et elle est possible parce que le Christ nous partage sa vie. Si je cache mes pauvretés et mes difficultés, je ne pourrai pas partager le témoignage de Jésus qui n’a jamais méprisé les pauvres.

Les deux ennemis subtils de la sainteté sont le gnosticisme et le néopélagianisme.

  • Le gnosticisme consiste à penser que le christianisme est une construction et que c’est la connaissance qui va nous sauver, nous conforter, nous éclairer. C’est l’attitude des pharisiens, et croire que le pharisien, c’est l’autre, c’est être pharisien. Si notre foi est informative, elle est nulle. Elle doit être performative, transformer notre cœur. Elle est une espérance. Avons-nous le sens de l’amour personnel du Seigneur pour nous ? Ce qui nous tient debout, c’est que le Seigneur nous aime infiniment. En nous mettant devant le Seigneur pour nous laisser regarder et aimer, nous pourrons alors voir en chacun, aussi détruit soit-il, celui par lequel le Seigneur veut nous donner sa vie.
  • Le néopélagianisme consiste à ne faire confiance qu’en nos propres forces et nous amène à mépriser ceux qui manquent de force. Les fragilités humaines ne sont pas totalement guéries par la grâce. Nous restons fragiles et c’est ainsi que nous portons du fruit. Il faut donc quitter nos rêves de puissance et de réussite. Etre idolâtre, c’est adorer notre puissance ou celle des autres. Il faut comprendre que ce que nous attendons de l’autre n’est pas lui. Jean Vanier cite cette phrase d’un drogué : « Tu ne m’as jamais aimé. Tu as voulu que je sois un autre ». Dans la forêt des prescriptions, Jésus ouvre une fenêtre où se découvrent deux visages, celui du Père et celui du frère, même le plus dégradé : celui où le Seigneur perfectionnera sa plus belle œuvre d’art. Nous ne savons pas dépasser nos étiquettes pour voir la beauté du frère, l’image de Dieu qu’il représente.

Puis le pape prend les Béatitudes pour montrer ce qu’est la sainteté. Etre saint, c’est être bienheureux. Nous aurons toujours à nous convertir pour entrer davantage dans cette intelligence de la conversion.

Bienheureux les pauvres : où mets-tu ta sécurité ?

Bienheureux les doux : chacun croit avoir le droit de s’élever au-dessus des autres, au lieu de les regarder avec tendresse et douceur, « supporter leurs défauts et ne pas s’étonner de leurs faiblesses » (Thérèse de Lisieux). Suis-je celui qui sait où celui qui se met à genoux devant l’autre, comme le Christ ? Alors nous regarderons la maladie autrement. Cette douceur est une source, une manière d’accueillir.

Bienheureux les affligés : ne détourne pas ton regard de celui qui est dans le malheur, accueille-le plutôt que de demander au Seigneur de le changer. Laisse-toi transpercer par sa douleur, vivre en communion dans l’impuissance face à la souffrance.

Bienheureux les affamés de justice, pour rendre à chacun ce qui lui est propre.

Bienheureux les miséricordieux : ceux qui savent donner, aider, servir, pardonner, comprendre…

Bienheureux les cœurs purs, les artisans de paix pour dénouer les liens des conflits, avec la grâce de Dieu. Il faut commencer par supporter le conflit pour le transformer. Cela inclut les personnes difficiles, compliquées, malmenées par la vie… Personne n’est exclu. Aller aux périphéries signifie ne pas rester sur mes acquis, sur ce que je sais faire. Bouger vers une autre approche, comme le propose Profamille [programme psychoéducatif pour les familles ayant un proche souffrant de schizophrénie][*] , ouvrir nos horizons, aller à l’aventure avec Jésus auprès des personnes condamnées par la maladie : il n’y a pas de lieu vide de la présence de l’Esprit Saint.

Bienheureux les persécutés : si nous partons de la contemplation du Christ, nous le verrons en ceux auxquels il a voulu s’identifier. “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (Mt 25, 40)

Ensuite le pape reprend des points de la culture d’aujourd’hui : l’anxiété, la négativité et la tristesse, l’acédie commode (« c’est comme ça… »), le consumérisme, l’individualisme, une spiritualité qui ne serait pas une rencontre. Face à cela, il place l’endurance, la patience, la douceur : être centré et axé sur Dieu qui m’aime et me soutient nous amène à la paix, à cette réponse du Christ : « me voici, je viens » et de Marie : « voici la servante du Seigneur ».

Ce ne sont pas des « il faut » ; je n’y arriverai pas par ma seule force mais il s’agit d’entrer dans la certitude que Jésus me fait confiance, d’entrer dans cette confiance que notre Dieu est père et fait pleuvoir sur les bons et les méchants. Alors nous découvrirons la joie, au-delà des temps de croix et des moments difficiles. Rien ne peut détruire la joie de se savoir aimé au-delà de tout. C’est une joie surnaturelle qui s’adapte et se transforme, qui passe aussi par le sens de l’humour.

L’audace, la ferveur, l’enthousiasme nous seront donnés : nous sommes fragiles mais porteurs d’un trésor qui nous grandit et peut éclairer les autres. Jésus nous devance dans le cœur de nos enfants malades. Nous devrions, en esprit, enlever devant eux nos sandales comme Moïse l’a fait devant le buisson ardent : on ne comprend pas mais on sait qu’il y a en eux quelque chose de saint, la demeure de Dieu caché.

Puis le pape évoque le rôle fondamental de la communauté : lieu où faire l’expérience de la présence du Seigneur ressuscité.

La sainteté est faite de petits détails, de petites choses, comme cette petite pièce qu’une pauvre veuve met dans le tronc du temple. Il suffit parfois d’un sourire, un mot…

C’est par la prière que nous allons à la source y puiser l’Esprit de sainteté, la vigilance nécessaire, le combat aussi, le discernement… « Tant qu’on n’a pas crié, on n’a pas commencé à prier ».

La sainteté, c’est être humain parce que je suis moi. Etre saint est le propre de Dieu : je ne suis pas la source mais Il demeure au fond de moi et j’ai toujours à l’accueillir davantage.

Retenons avant tout de ne pas vouloir changer l’autre mais le regarder, se tenir là, à côté de lui. Quand je ne peux pas, dire à Dieu « C’est toi qui fais… ». Porteurs de Dieu, nous sommes des ostensoirs. Conscients de cela, nous saurons qu’en regardant les autres dans le métro, c’est Dieu présent en nous qui les regarde. Alors nous pourrons dire avec ce père : « La maladie psychique, je ne souhaite à personne de la connaître, mais qu’est-ce que ça m’a fait grandir ! »

 

[*] La brochure suivante proposée par l’Unafam contient également des trésors, valables pour toutes les relations humaines : http://www.unafam.org/L-accueil-et-l-accompagnement-des.html

Où sommes-nous ?

carte google

Recherche

Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.

Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.

Extrait de la Prière de Relais