« Alliance thérapeutique » : j'ai souvent entendu
ces deux mots accolés et ils me plaisaient,
tout en observant que ce terme n’évoquait
rien de particulier pour mon enfant.
Pour
elle qui depuis vingt ans se bat avec une forme
de schizophrénie, tous les soignants sont des
psys. Des gentils lorsqu’ils prennent un peu de
temps pour écouter ses hallucinations ou ses
angoisses, des pressés lorsque la maladie psychique
n’a pas vraiment touché leur coeur.
Que de fois ai-je bêtement
demandé : « Comment était-il ou elle ? » « Ma
pauvre maman, j’en ai vu tellement ! »Me
répondait-elle, invariablement. Et elle avait
raison, une fois de plus, puisqu’au fond d’ellemême
elle avait compris, bien avant nous tous,
que, gentils ou pressés, la terrible maladie
psychique continuait sa course envers et contre
tout.
S’il est vrai que nous, les familles, sommes
aux premières loges de tous les évènements
qui perturbent nos enfants, sommes-nous au
clair avec les soignants qui mettent leur énergie
et leur savoir à essayer de comprendre comment
certains cerveaux fonctionnent ainsi et à
chercher la thérapie qui les soulage le mieux ?
Alors prenons-les dans notre coeur et dans
notre esprit, pour chercher ensemble comment
arriver à cette alliance. S’il n’est pas normal de
nous faire mettre à la porte brutalement, acceptons,
si nous n’y arrivons pas seuls, de nous
faire aider psychologiquement pour prendre la
distance nécessaire qui nous permettra de faire
confiance à nouveau.
Confiance à qui me direz-vous ?
A notre enfant, il en sait beaucoup sur sa
propre maladie, mais il est si difficile de prendre
du temps pour l’écouter sans perdre patience
et de prêter foi à ce qu’il dit de lui.
Aux médecins qui, après tout, essaient de
faire au mieux avec de nouvelles thérapies et
qui gardent espoir en la recherche médicale.
A notre entourage qui, maladroitement parfois,
continue à nous accompagner, nous qui
sommes « au front », pour nous permettre
de continuer la route.
A la Communion des Saints
dont la prière ne cesse de toucher
le coeur de Dieu dont
nos enfants se savent si
proches.
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.