Aller à la rencontre d'un mouvement d'Eglise est
toujours une démarche forte d'espérance, mais
j'avoue que, dans le cas présent, les mots me
manqueraient pour essayer de transcrire ce que j'ai senti,
partagé, prié avec ses membres, un samedi après-midi,
lors d'une de leurs rencontres mensuelles; je dirai tout
de go qu'ils sont " formidables " et que la qualité, la
densité de leurs échanges m'ont stupéfiée et touchée.
- Un de leurs proches (enfant, conjoint, frère, soeur,
parent, ami) souffre de troubles psychiques et eux,
familles, font face à cette réalité, du mieux qu'ils peuvent,
tout simplement parce qu'ils les aiment et que le
pouvoir de l'amour décuple les forces humaines au-delà
de l'impossible.
- La vérité de leur quotidien est toutefois plus
complexe et contrastée ; ils avancent, dans la
découverte d'une Souffrance mystérieuse, au travers
de sentiments divers : détresse, angoisse,
culpabilité, incompréhension, révolte (notamment
contre " Dieu qui permet cela ") auxquels s'ajoutent
parfois (souvent) de la part de la société, un certain
rejet, et ce, au sein même de leur propre entourage
(famille, amis): leur isolement est alors très grand.
- Pour soutenir, écouter, réconforter ces familles, un
mouvement catholique (mais ouvert à tous) s'est créé
en 1982, avec le soutien de l'Office Chrétien des Personnes
Handicapées et du Secours Catholique : " Relais
d'Amitié et de Prière " ; dans un climat de discrétion,
de confiance et d'amitié, chacun peut, au cours
des rencontres/échanges, parler - enfin- de ses incertitudes,
de sa douleur, partager, hors la présence de
ses proches et se sentir immédiatement accueilli, compris
; tout est dit de façon très pudique dans une phrase
entendue : " à Relais, on se porte ".
- En resterait-il là, ce réseau d'entraide serait déjà
de l'ordre de l'exceptionnel, mais un chrétien, s'il se
révolte contre le Seigneur, sait bien que celui-ci est
" tendresse et pitié ", et dans la certitude de sa Foi,
il revient vers Lui ; c'est la dimension spirituelle
de Relais : découvrir les signes d'Espérance tout au
long d'une route difficile, reconnaître Jésus Christ
présent dans le plus extrême des dénuements.
Comment ne pas se souvenir ici, de la phrase de
Cesbron qui dit en substance : " Jésus Christ, le
seul visage que l'on ne puisse regarder sans cesser de voir tous les autres" ; nous sommes tout
naturellement et de façon flagrante, au coeur même
de notre credo : l'Incarnation.
- Pour avancer dans la compréhension et l'acceptation
de ce mystère, le groupe mayennais a la grande chance
d'être accompagné par un prêtre... qui partage tout,
au jour le jour : " Sans notre Foi ", a dit l'un des
membres, " on ne serait pas debout ". Cet engagement
pastoral pour les malades, leurs familles, vient
d'ailleurs d'être magnifiquement exprimé par le Saint
Père, pour la XIV ème journée mondiale du Malade
(en Australie, 11 février 2006) dans un Message novateur
et clair... : le niveau d'exigence qui nous y
est demandé à tous, dans la reconnaissance et la
prise à bras le corps de ce type de difficultés...
Relais n'ayant pas vocation à rejoindre les personnes
malades psychiques elles-mêmes (une autre structure
existe : " Amitié Espérance "), celles-ci n'ont
pas été explicitement évoquées dans ce propos ;
l'on n'en doutera pas, elles y sont omniprésentes :
avec les aspects divers de leurs troubles, leur évolution
(violence ou stabilisation), leur cadre de vie
(hospitalisation ou autre), leur difficulté d'insertion
professionnelle s'accompagnant souvent d'une
marginalisation injustifiée, la démarche de soins
(moyens à étoffer, nombre insuffisant de psychiatres),
leur avenir (création de maisons de vie ?)….
Dans sa première encyclique, le Saint Père a centré
la foi chrétienne dans l'amour. Il y situe la pace de
Marie, à la fois "grande" et "humble" sous trois
aspects :
une femme d'espérance,
une femme de foi,
une femme qui aime.
Tout ce qui anime les familles de Relais.
Les membres de Relais sont d'Eglise, ils sont
l'Eglise, et Celle-ci, quoiqu'on puisse en penser
ou en dire, quoiqu'elle soit amenée à vivre, est
debout.
Extraits d'un article de Madeleine Morato paru dans le
Bulletin Diocésain du Diocèse de Laval (Mayenne). Cette
journaliste a été invitée à participer à une réunion de
Relais.
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais Lumière Espérance. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.